Vendredi 10 octobre 2014 5 10 /10 /Oct /2014 17:42

 

Douala. Une vingtaine de performances artistiques a meublé la visite guidée des bureaux de ce lieu de promotion de la culture.  

 

Il est 18h30 ce samedi 04 octobre 2014. Des curieux ont pris d’assaut l’entrée du bâtiment abritant l’Institut français de Douala. Ils ont formé un cercle en pleine chaussée sur le boulevard de la Liberté, au quartier Akwa. Au centre de ce regroupement, quatre danseurs mobilisent les attentions. La musique accompagne les mouvements des adeptes de la danse contemporaine. D’autres gestuelles sont plus énergiques. Vingt minutes plus tard, les spectateurs, venus assister à la première édition de « La nuit blanche » au Cameroun, se dirigent vers la salle de spectacle. Ici, un groupe de 40 jeunes vêtus de noir, les accueille. Une lumière tamisée éclaire la scène. Une voix s’élève au milieu de tous. Les jeunes effectuent quelques pas de danse, puis débarrassent le plancher.

Place au painting show. Les spectateurs sont invités sur scène pour apporter du leur dans la finition de la toile. Tout ce foisonnement de couleurs chaudes et froides reflète l’incivisme, le désordre urbain et la prostitution qui caractérisent la ville de Douala. L’œuvre « collective » illustre d’une autre manière la vidéo intitulée « Regards urbains croisés» projetée pendant la performance. En arrière-scène, un conteur déclame. Ses messages appellent la jeunesse à une prise de conscience et au culte de l’effort. «Chacun doit choisir son chemin de croix», crie le conteur. Et voici la danse qui reprend droit de cité sur le podium. Cette fois-ci, la danse de rue est à l’honneur. Le Crew constitué de quatre danseurs, dont une jeune fille, exécutent différentes chorégraphies. Elles empruntent au Break dance, à la Tectonique, au Juste debout et au Rock’n Roll. La mise en scène illustre la vie du ghetto avec ses brigands, ses filles de joie, ses coins chauds.     

Autre arrêt, la médiathèque de l’Institut français. Des clowns en spectacle arrachent du sourire aux tout-petits et égayent les adultes. En montant les escaliers, on rencontre le plasticien Stéphane Eloundou en pleine création devant une toile. Une vingtaine d’autres projets meuble la visite guidée dans les bureaux du Campus France, du café de France, entre autres lieux. « La nuit blanche » s’achève autour de minuit. Et le prochain rendez-vous, désormais annuel au Cameroun, est pris pour 2015.  

Mathias Mouendé Ngamo

Par Mathias Mouendé Ngamo
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Mardi 30 septembre 2014 2 30 /09 /Sep /2014 18:43

 

Apprentissage. Pour certains pédagogues, la mauvaise écriture est souvent à l’origine des échecs scolaires.


Cahiers-de-deux-eleves-avant-et-apres-la-phase-d-experi.jpgSelon des pédagogues, la mauvaise écriture peut être l’une des causes majeures de l’échec scolaire. Ils expliquent que lors des corrections de copies, l’élève perd des points lorsque le travail soumis est mal présenté. Aussi, indiquent-t-ils, l’élève a de la peine à réviser ses leçons quand ses écrits sont illisibles. « Dans nos écoles au Cameroun, l’écriture n’est plus bien enseignée ou est mal structurée », déplore Moussa Gong Nota. Pour le fondateur du Groupe scolaire bilingue les Flores, il est temps de redonner aux apprenants le plaisir de bien écrire. Toute chose qui, d’après lui, passerait par la mise sur pied d’une méthode d’apprentissage de l’écriture, simple, lisible et dont les signes sont faciles à maitriser.

Moussa Gong Nota dit s’être penché sur la question il y a quelques années. Après quatre ans de recherche, l’enseignant a lancé la méthode « Flores Gong Nota ». D’après le concepteur, il s’agit d’une méthode d’apprentissage de l’alphabet français qui s’appuie sur quatre signes à savoir la barre, la « canne du grand-père », la courbe et le point. «Il s’agit d’apprendre aux élèves comment dessiner les signes et les apprendre à les combiner pour former des lettres de l’alphabet. Avec les mêmes signes, on peut former tous les chiffres», explique–t-il. Il relève que le projet, actuellement déposé sur la table du ministère de l’Education de base pour validation, a déjà connu une phase expérimentale de trois semaines à l’Ecole publique de Bastos et à l’école publique de Mballa 2 de Yaoundé.

Certains enseignants de Douala ayant assisté à une présentation de la méthode « Flores Gong Nota » qualifient cette technique de « raccourci ». Ils déplorent le fait que la « vieille » méthode d’enseignement de l’écriture soit mise à l’écart. D’autres instituteurs craignent qu’avec cette méthode, l’écriture des élèves devienne uniforme et qu’il soit dès lors difficile de détecter des cas de tricherie. Mais pour le concepteur, l’objectif est de susciter avec les partenaires de l’éducation un débat pour parfaire la méthode. Il indique que des livres et une ardoise magnétique ont déjà été conçus comme outils d’apprentissage. La francophonie et les pays tels le Tchad, la Chine, le Burkina Faso, le Maroc s’intéressent au projet, apprend-on.

Mathias Mouendé Ngamo

Par Mathias Mouendé Ngamo
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Mardi 30 septembre 2014 2 30 /09 /Sep /2014 18:33

 

Apprentissage. Les journalistes culturels camerounais sont invités à prendre en main le discours sur les œuvres africaines.

 

Ce n’est un secret pour aucun journaliste. La culture est le parent pauvre dans les médias camerounais. La rubrique consacrée à l’actualité culturelle du pays est souvent inexistante ou apparait de manière périodique dans des tabloïdes, radios, chaines de télévision et autres sites internet. Mais comment donc améliorer la communication sur les arts et la culture dans les journaux ? Une vingtaine de journalistes réunis à l’Institut français de Douala du 24 au 26 septembre 2014 ont cherché la formule adéquate pour penser la « plaie ». C’était à l’occasion d’un séminaire de formation sur le thème : « Journalisme culturel et critique d’art », organisé par le réseau panafricain Arterial Network.

D’après les formateurs, il urge avant tout d’améliorer la qualité de la production des articles culturels pour susciter plus de considération des patrons de presse et du lectorat. Toute chose qui passe par une formation rigoureuse et continue. « Les journalistes doivent s’outiller pour offrir autre chose que ce qui se fait actuellement », pense Théodore Kayese, journaliste culturel et critique d’art. Le journaliste culturel est alors appelé à jouir d’une grande culture générale, d’un bagage culturel et d’une connaissance de la démarche de la création, gage d’une critique d’art professionnelle. Il pourra puiser toutes ces connaissances dans des livres, à travers des voyages ou en fréquentant des salons d’exposition, des salles de spectacles, des salles de répétition, et en discutant aussi avec les créateurs, a –t-on appris. « Il faut être très curieux», martèle Alain Tchakounté, un des formateurs.

Le référent africain

Devant un tableau, le critique d’art va s’atteler à analyser, entre autres, les couleurs, les formes, la technique utilisée et rendre le message de la toile plus intelligible au public. En s’appuyant sur plusieurs grilles d’observation, le critique d’art doit pouvoir situer l’œuvre dans son contexte historique, son rapport avec la société actuelle. « Un critique doit prendre position. Mais il doit justifier tous ses arguments. Pas d’affirmation gratuite», soutient Théodore Kayese. Et il faut toujours, dans les écrits, penser au référent africain. Pour Alain Tchakounté, ce doit être une démarche militante. « Il est temps de prendre en main le discours sur nos œuvres, ou alors, on nous imposera un regard sur ceux-ci, et ce, en notre défaveur. Puisez dans nos mythes, contes, légendes, proverbes. Dépoussiérez le patrimoine et rendez-le moins folklorique et moins ringard », conseille –t-il.

Mathias Mouendé Ngamo

Par Mathias Mouendé Ngamo - Communauté : blogueur africains
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Lundi 29 septembre 2014 1 29 /09 /Sep /2014 19:24

 

Au tribunal. Certaines émanent de la plus haute juridiction camerounaise, la Cour suprême.

 

Des-magistrats-a-la-Cour-supreme-du-Cameroun--Photo-d-arc.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2002, African Petroleum Consulting (Apc) fait condamner la Société nationale de raffinage (Sonara) dans une procédure d’arbitrage définitive à Londres, qui donne lieu à une sentence arbitrale et exécutoire. Apc obtient l’exéquatur auprès du Tgi du Fako à Buea, lui donnant le droit d’exécuter cette décision au Cameroun. Apc détient un titre exécutoire à partir duquel elle pratique une saisie conservatoire auprès de Shell, qui doit une somme d’argent importante à la Sonara. La loi oblige alors le tiers saisie, Shell, à garder cet argent jusqu’à prononciation d’une décision de justice qui lèverait la saisie. La Sonara ne fait aucune offre à Apc dans les délais prescrits par la loi. Et par conséquent, à ce moment là, explique Me Alice Nkom, Shell doit remettre le chèque à Apc. Le tiers saisie ne le fait pas et dit avoir reversé l’argent (environ 2 milliards F. Cfa) à Total, qu’il désigne comme séquestre. Au tribunal, le juge constate que Shell devient le débiteur principal de Apc pour n’avoir pas conservé les fonds saisis. Shell est condamné au tribunal de référé sous astreinte de 200 000 F. Cfa par jour.

Huissiers menacés

Shell fait appel de cette décision 45 jours après, au lieu de 15 jours tel que le veut les textes. La Cour d’appel du Littoral déclare l’appel recevable et ordonne la suspension de la décision du Tribunal. Apc débouté saisit la  Cour commune de justice d’Abidjan (Ccja) qui déclare l’appel de Shell irrecevable, car tardive. « La décision du Tpi qui avait condamné Shell à payer Apc devient alors la seule en vigueur. Mais elle n’est pas appliquée. Les huissiers ont été menacés par les procureurs généraux de la Cour d’appel. Il y a eu des circulaires qui indiquaient que l’huissier qui s’y engagerait peut perdre sa charge. Le directeur général de Apc avait même été condamné à cinq ans de prison à Buea, pour tentative d’escroquerie du montant des condamnations prononcée en sa faveur», déplore Me Alice Nkom. Elle indique que l’Etat du Cameroun et la Sonara ont saisi la Ccja à leur tour. Ils ont été déboutés le 18 avril 2012. La sentence arbitrale et exécutoire londonienne de 2002 demeure inappliquée. « Aucune décision en interne ne peut, par n’importe quel moyen, empêcher les décisions de la Cour commune de justice. C’est ce que dit le traité Ohada ratifié par le Cameroun», précise l’avocate.   

Me Alice Nkom note qu’il existe ainsi plusieurs décisions de justice qui restent jusqu’ici non appliquées, et dont certaines émanent de la plus haute instance de la juridiction camerounaise, la Cour suprême, et parfois de la Cour commune de justice d’Abidjan. Des juristes relèvent que cette situation est souvent le fait d’auxiliaires de l’administration chargés de l’application des décisions de la Cour, qui s’y opposent. Il en est ainsi des correspondances ministérielles allant dans le sens de l’annulation d’une décision de justice, ou de l’action d’un préfet ou d’un sous-préfet qui vise à s’opposer à un déguerpissement ordonné par une juridiction. Une illustration dans l’affaire Lcc et Rhode Sack contre Lgcca S.a et Dieudonné Kamdem, où six arrêts de la Cour suprême n’ont pas été exécutés.

Correspondances ministérielles

La-ministre-Jacqueline-Koung-ecrit-une-correspondance.jpg Dans ce litige, la Safil appartenant à la famille Sack a été confiée à un expert-comptable pour liquidation en 1990. Le liquidateur a écarté Rhode Sack de la gestion de la société. Il a ensuite été constaté une perte de 1,5 milliards de F. Cfa. Des procédures engagées en justice pendant 23 ans ont abouti à des arrêts en faveur de Rhode Sack. « Depuis 2010, madame Rhode Sack est dans l’impossibilité d’exécuter lesdits arrêts et de reprendre possession de son terrain», indique Me Pierre Ebosse. Il affirme que certains fonctionnaires ont produit des correspondances allant contre les arrêts définitivement rendus par la Cour suprême avec pour objectif d’empêcher « l’exécution matérielle » des décisions de la Cour. C’est ainsi que le 3 octobre 2011, le ministre des Domaines et Affaires foncières envoie un courrier ordonnant au Conservateur de la propriétaire foncière de remettre le titre foncier de la Lcc au nom de Safil. « Or les arrêts de la Cour suprême décidaient justement le contraire », relève Me Pierre Ebosse.

Au Cameroun, les affaires où les décisions de justice ne sont pas appliquées se multiplient au fil du temps. L’affaire Cmc/Socam, dont les décisions de la Cour suprême ne sont toujours pas exécutées  trois ans après, en est une autre illustration. Pour Isidore Tamwo, président du Syndicat des artistes musiciens du Cameroun (Samac), des usagers profitent de cette zizanie pour ne pas reverser les droits d’auteurs. Si certaines grandes entreprises continuent de reverser les Droits à la Cameroon Music Corporation (Cmc), d’autres par contre reconnaissent la Société civile camerounaise de l’art musical (Socam) comme entité légale de collecte de ces fonds. D’autres entreprises encore, à l’instar de la société de téléphonie mobile Mtn Cameroon, ont effectué le règlement des redevances dues pour les périodes 2009, 2010 et 2011 dans un compte spécial domicilié dans les livres de la Sgbc-hôtel de ville-Yaoundé, conformément aux engagements à la suite d’une réunion de concertation avec le ministre des Arts et de la culture, Ama Tutu Muna. Au milieu de cette "mafia du Droit d'auteur", il est alors courant d’entendre des voix des artistes s’élever lors des répartitions qu’ils jugent souvent « insignifiants», en plus du phénomène de la piraterie qui constitue déjà une véritable gangrène pour l’industrie musicale locale.  

 

La loi de la jungle

Des avocats et enseignants d’université au Cameroun relèvent plusieurs obstacles majeurs à l’exécution des arrêts de la Cour suprême. Ils citent entre autres, le refus des parties ayant succombé au procès de se soumettre, l’intervention intempestive de l’administration et la complaisance de certains magistrats. « Les décisions de la Cour suprême sont impératives. C’est l’exécutif qui est chargé de l’application des décisions de justice. La personne qui tient une grosse doit pouvoir obtenir le soutien de tous pour son application. Force doit revenir à la loi», soutient Me Alice Nkom.

La non application des décisions de justice n’est pas sans conséquences sur la société. Les juristes camerounais redoutent la perte de confiance des gouvernés en la justice et au système judiciaire, et l’instabilité sociale qui pourrait en découler. Et le Prof. Aboya Manasse, politologue et vice-doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l'université de Douala, de prévenir : « Si les lois ne peuvent pas être appliquées, nous rentrons à l’état de nature. Si cette situation persiste, les gens vont commencer à se faire justice. Il y aura une montée des assassinats ». Me Sterling Minou, un autre avocat, pense qu’ « on pourrait se retrouver dans une situation où il n’y a plus d’Etat de Droit, où la loi de la jungle devient la règle. Et c’est parti pour une instabilité qui ne profitera à personne ».

Mais il demeure difficile de sortir de cette situation qui ne présage rien de bon à l’horizon. Car, comme l’explique Me Stanilas Ajong, la responsabilité revient au gouvernement. « Les décisions sont appliquées sur ordre des procureurs. Et souvent ce sont ces mêmes procureurs qui s’y opposent. C’est là toute la grande difficulté, de voir l’exécutif qui doit s’assurer de l’application des décisions de justice, l’entraver ».

Mathias Mouendé Ngamo

 

Interview

« Des indicateurs qui font fuir les investisseurs»

 

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Me Alice Nkom. L’avocate au barreau du Cameroun relève des entraves à l’application des décisions de justice, et les conséquences qui en découlent.

 

 

Pourquoi des décisions de justices ont du mal à être appliquées ?

Elles ont du mal à être appliquées parce que nous ne sommes pas dans un Etat de Droit. C'est-à-dire un Etat où les pouvoirs sont séparés et où  l’indépendance de la magistrature est garantie. Le tout, dans un contexte de corruption généralisé où c’est soit la main mise des plus forts sur la justice, soit la main mise de l’argent. Nous sommes dans un Etat où le magistrat n’a pas un statut qui garantit sa stabilité, où il est en position permanente d’insécurité lui-même. Il a des problèmes. Sa carrière est gérée par le chef de l’Exécutif. Si on lui dit qu’il sera affecté à Yokadouma, il voit déjà comment il n’y aura pas d’école pour ses enfants, ni de travail pour sa femme s’il quitte Douala. Ca fait réfléchir quand même. Tant qu’on n’a pas manifesté l’envie de créer un véritable Etat de Droit et d’en faire la promotion, chacun ici continue de dire que nul n’est au dessus de la loi, et chacun pense qu’il est au dessus de la loi et il agit comme tel. Vous avez vu l’ opération Epervier. Elle se déroule au vu et au su de tout le monde comme une opération à tête chercheuse, téléguidée. La situation des magistrats n’est pas très rose. Je ne les accuse pas. Je sais à quel point ils sont des victimes. Ceux qui veulent travailler sont nargués par ceux qui ont des chapeaux au Conseil supérieur de la magistrature. Ceux qui ont plein d’argent n’ont pas les mêmes problèmes que celui qui est intègre et qui veut simplement faire son travail.

Quelles sont les conséquences de la non application des décisions de justice ?

Ce n’est pas compliqué à le savoir. Un pays qui n’est pas un Etat de Droit est condamné à la pauvreté, à la jungle, au règlement de compte. Dans les quartiers, la justice populaire prend de plus en plus de l’ampleur. Quand vous n’avez pas une institution judiciaire qui fonctionne normalement, qui remplit ses missions d’équilibre, de dernier rempart, eh bien vous retrouvez facilement le climat de la jungle, c'est-à-dire la violence, le désordre. Et même la guerre se profile à l’horizon. Quel est ce pays qui ne respecte pas le traité Ohada, ni les décisions de la Cour suprême ? Ce sont des indicateurs qui font fuir les investisseurs. Pour quelqu’un qui veut investir au Cameroun, il hésite. Et quand on n’investit pas au Cameroun, c’est le chômage, la misère, le désespoir et tout le lot qui va avec.

Que faire finalement pour sortir de cette situation ?

Rien, s’il n’y a pas une volonté politique de monsieur le président de la République qui finalement a tous les pouvoirs, puisque c’est lui qui nomme tous les magistrats. S’il veut être le seul maitre à bord et qui commande tout le monde, et la justice parle quand il lui dit de parler, relaxe quelqu’un quand il veut que la personne soit relaxée, la condamne il veut qu’elle soit condamnée. Comment voulez-vous dans un tel contexte que je propose une thérapie. Je n’ai pas les pouvoirs du président de la République. Vous avez une décision de justice où il a marqué derrière au nom du peuple camerounais, j’ai, moi président de la République au nom du peuple camerounais, donné l’ordre au préfet, procureurs généraux, procureurs de la République, d’exécuter et on n’exécute pas. Le sous-préfet vous dit qu’il n’est pas caisse enregistreuse et il n’exécute pas. Qu’est ce qui lui arrive après? Rien du tout.

Propos recueillis par Mathias Mouendé Ngamo

 

 

Par Mathias Mouendé Ngamo - Communauté : Vos blogs
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Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 19:55

 Douala. Un emplacement n’a toujours pas été alloué par la Communauté urbaine pour ériger la sculpture réalisée il y a trois mois.

 

Andre-Blaise-Essama-pose-avec-le-monument-en-memoire-d-Um.jpgLe 13 septembre 1958, un des principaux leaders de l’Union des populations du Cameroun (Upc), Ruben Um Nyobè, est assassiné par l’armée française. Il quitte ainsi la scène politique à l’âge de 45 ans, après plusieurs années de lutte anticoloniale, dont trois ans passés dans le maquis. 56 ans après sa mort, des voix s’élèvent pour réclamer des hommages dignes à ce « héro national ». Certains politiciens et acteurs de la société civile pensent, depuis quelques années déjà, que le gouvernement doit ériger des monuments en l’honneur des martyrs de la lutte anticoloniale au Cameroun, et baptiser des rues de leurs patronymes. Parmi les noms cités, on retrouve entre autres, Douala Manga Bell, Martin Paul Samba,  Ernest Ouandié, Ruben Um Nyobè, entre autres.

Pour le cas de Ruben Um Nyobè, dont l’anniversaire de la disparition a été célébré samedi dernier, des membres de l’association « Amish_Arts » ont conçu un monument en sa mémoire. La sculpture a été réalisée par Nsangou Amidou, un artiste-sculpteur résidant à Foumban, dans la région de l’Ouest. Le monument est fait à base de terre cuite et de résidus de bronze. Il mesure 2m10 et pèse 170 kg. Le concepteur explique que la sculpture a été montée à partir d’une photo en noir sur blanc. L’œuvre présente un Ruben Um Nyobè habillé en chemise et pagne. Il arbore des babouches aux pieds. « Il brandit un arbre de paix de sa main gauche. La main droite tient une liasse de lances, symbole des armes de chasse, pour combattre ceux qui veulent nuire à cette paix », explique Nsangou Amidou.  

Le monument réalisé pendant près de dix mois de labeur attend depuis juin dernier d’être érigé dans un des points de la ville de Douala. Des démarches ont été initiées auprès de la Communauté urbaine de Douala (Cud).  En date du 11 septembre 2014, Fritz Ntonè Ntonè, le délégué du gouvernement auprès de la Cud, a indiqué que le dossier a été soumis à la commission technique chargée du chantier de dénomination des places et rues. Il sera soumis à un vote du Conseil de la Cud. « Entre temps, vous éviterez toute action dans le sens d’une implantation contraire à la démarche sus-évoquée», a précisé Fritz Ntonè Ntonè dans la missive adressée à « Monsieur Essama André Blaise et Associés pour la cause des héros nationaux». En rappel, c’est cet André Blaise Essama qui avait, début février, renversé et décapité la statue du général Leclerc qui trônait à la Place du gouvernement, au quartier Bonanjo.

Mathias Mouendé Ngamo 

 

Par Mathias Mouendé Ngamo
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