Dimanche 31 août 2014 7 31 /08 /Août /2014 10:25

Johnson F. Nyamyelle. Agé de 62 ans, ce patient ne peut plus se passer de la banque de sang offerte par MTN Foundation à l’Hôpital de district de Bonassama à Douala. Sa vie en dépend.

 

 

Johnson-Fobid-Nyamyelle.jpgGrand Hangar au quartier Bonaberi à Douala. Ce dimanche 10 août 2014, Johnson Fobid Nyamyelle n’est pas sorti de son lit depuis la veille. Il ne fait pas une grâce-matinée. Ce n’est pas souvent que Johnson quitte sa chambre. Si oui, pour se rendre à l’hôpital. Il avance à pas lents et ne peut se déplacer sur plus de vingt mètres tout seul. La faute à des soucis de santé.

Les médecins lui ont expliqué que son organisme ne parvient plus à produire les globules rouges et les plaquettes, responsables de l’apport en oxygène et la coagulation du sang. Seuls les globules blancs sont secrétés, lui a-t-on dit. Ce dysfonctionnement a été confirmé il y a 7 mois. Depuis ce temps, Johnson a besoin du sang de quelqu’un d’autre pour vivre. Ce sang doit être renouvelé régulièrement selon les prescriptions médicales.

Toutes les deux semaines, Johnson Fobid Nyamyelle se rend donc à la banque de sang de l’Hôpital de district de Bonassama. Il y est placé sous perfusion sanguine pendant trois jours. Il rejoint son domicile le quatrième jour. A chaque visite, il doit venir avec deux donneurs de sang et débourser la somme de 14 000 F. Cfa pour chaque poche de sang sollicitée. « Il y a toujours du sang disponible à chaque fois que je me rends à Bonassama », relève Johnson.

Son état de fatigue généralisée et les rayons solaires constituent de véritables handicaps dans son quotidien. « Lorsque je vais à l’hôpital de district de Bonassama, une motocyclette vient me chercher très tôt devant ma maison et me dépose à l’intérieur de l’hôpital », raconte-t-il. Le calvaire est plus accentué lorsqu’il doit aller consulter son médecin à l’Hôpital général de Douala.

Johnson Fobid Nyamyelle dit dépenser en moyenne 60 000 F. Cfa à chaque visite à l’hôpital. Ce montant inclut les poches de sang, les frais de pose des perfusions et l’achat de certains médicaments. Ces dernières semaines, le malade reçoit deux poches de sang à chaque visite. Au début du traitement, il en recevait trois à quatre par séance. Signe d’une amélioration de sa santé? Quoiqu’il en soit, la disponibilité d’une banque de sang à Bonassama l’aide à rester en vie. C’est déjà ça de gagné.

Mathias MouendéNgamo 

 

Par Mathias Mouendé Ngamo - Communauté : blogueur africains
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Mercredi 27 août 2014 3 27 /08 /Août /2014 22:53

Bonassama. Don de la Fondation Mtn, la petite banque de sang de l’Hôpital de district de Bonassama permet de sauver des vies dans plusieurs centres de santé de la capitale économique.

 

DSC09824.JPGAssis sur un banc en béton devant la salle de prélèvement de sang de l’Hôpital de district de Bonassama, Maurice T. paraît très anxieux. Il lui faut trouver en urgence une poche de sang du groupe O+, pour son bébé de 4 mois tout juste admis à l’hôpital. Après quelques formalités, Maurice est servi. Le voilà qui repart en courant vers le pavillon maternité, avec l’espoir que son enfant s’en sortira.

 

Un tel espoir n’aurait peut-être pas été possible à l’hôpital de district de Bonassama il y a encore 5 ans. Pour les habitants de l’autre partie de Douala, après le pont sur le Wouri, soit près d’un million de personnes, trouver une poche de sang relevait parfois de l’exploit. « Par le passé, nous avons reçu des femmes qui arrivaient dans nos services ayant perdu beaucoup de sang lors des saignements. Nous étions alors dans l’incapacité de les assister promptement. Des proches courraient à la recherche de sang à l’Hôpital Laquintinie ou à l’Hôpital Général. Et il arrivait qu’on leur réponde souvent qu’il n’y a plus de sang, parce que d’autres hôpitaux en avaient déjà passé commande », témoigne Walter Atud Mbah, major du service Anesthésie à l’Hôpital de Bonassama. 

 

En 2011, la direction de l’hôpital a fait appel à la générosité des mécènes pour doter Bonassama d’une banque de sang. Comme l’explique le Dr. Edouard Hervé Moby, directeur de l’hôpital de district de Bonassama, « une banque de sang coûte au minimum 6 millions de francs et un hôpital de district ne peut pas se l’offrir sur ses propres fonds ». La Fondation MTN a répondu à l’appel et a aménagé une banque de sang à l’hôpital de district de Bonassama. Elle a aussi renforcé le plateau technique de l’hôpital avec une chaine Elisa qui permet de faire des analyses et de sécuriser le sang prélevé.

 

Sang sûr et de qualité

DSC09803La banque de sang de l’hôpital de district de Bonassama, ouverte 24 heures sur 24 est la troisième banque de la ville de Douala, après celle de l’Hôpital Général et celle de l’Hôpital Laquintinie. Elle peut compter sur la générosité de quelques 4000 donneurs de sang dont certains résident en dehors de la zone de Bonabéri. Au vu des statistiques de l’hôpital, la banque prélève environ 10 poches de sang par jour.

 

Selon le Marcelle Etong, responsable de cette banque de sang, chaque demandeur doit fournir deux donneurs à prélever, pour remplacer la poche de sang qui lui sera servie. Et, le sang prélevé subit un test Elisa contre le VIH/SIDA et les hépatites B et C, avant d’être conservé dans un congélateur adapté. Le fonctionnement de la banque de sang de Bonassama a fait l’objet d’une thèse (1)  soutenue à la Faculté de médecine et sciences pharmaceutiques (Fmsp) de l’Université de Douala, par le Dr. Daniel Wang Abwa. Il estime que « le niveau de sécurisation des poches de sang est plus élevé à l’hôpital de district de Bonassama que dans d’autres banques de sang du Cameroun, parce que à Bonassama, on fait des tests de diagnostic rapide suivis systématiquement de tests Elisa. »

 

Une forte demande

DSC09809.JPGCette banque de sang ravitaille tous les services à compétences chirurgicales de l’hôpital, le bloc opératoire, la gynécologie, la maternité notamment. Selon Walter Atud Mbah, « la banque de sang a apporté beaucoup de changements dans la vie de l’hôpital. La prise en charge des malades s’améliore. Le nombre de patients référés à cause de l’absence de sang a nettement diminué. Les transfusions sanguines se sont multipliées. Plusieurs vies ont également pu être sauvées ».

 

Mais l’hôpital de district de Bonassama doit aussi satisfaire la forte demande venant d’autres formations sanitaires. De nombreux autres centres de santé de Douala bénéficient, en effet, du don de la Fondation Mtn. « Sur les 100 poches de sang qui sortent de notre banque en moyenne par mois, 30 seulement sont utilisées en interne et 70 sont destinées à d’autres hôpitaux », détaille Marcelle Etong.

 

Les demandes affluent des autres formations sanitaires de l’arrondissement de Douala 4e où est situé l’hôpital de district de Bonassama. Et pas seulement. Les hôpitaux de district de Deido, Nylon et New-Bell viennent s’y ravitailler. Même des formations plus huppées comme l’Hôpital Général et l’Hôpital Laquintinie envoient des demandes. « Il est même arrivé que l’on reçoive des demandeurs en provenance de Bamenda », affirme Marcelle Etong.

 

Résorber la pénurie

DSC09808Le Dr. Edouard Hervé Moby se réjouit de constater que « cette banque de sang fait la renommée de l’hôpital » qu’il dirige. La banque de Bonassama est de ces installations qui contribuent à atténuer la pénurie de don de sang dont souffre le système de santé au Cameroun. Le pays ne parvient à collecter que 45000 poches de sang pour des besoins estimées à 400.000.

 

Marcelle Etong, la jeune responsable de la banque de sang de Bonassama invite les populations à faire régulièrement des dons de sang pour sauver des vies. Maurice T. en fait désormais un devoir. Il espère que son don de sang, en remplacement de la poche de sang qui a permis de sauver son enfant, pourra redonner de l’espoir à une autre famille, quelque part au Cameroun.

Mathias Mouendé Ngamo

[1] ‘’Profil épidémiologique des donneurs de la banque de sang de l’hôpital de district de Bonassama de 2011 à 2014.



 

 

 

 

Par Mathias Mouendé Ngamo - Communauté : blogueur africains
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Mardi 19 août 2014 2 19 /08 /Août /2014 11:32

Quotidien. L’accès difficile dans cette localité de l’arrondissement de Douala 6ème et les problèmes infrastructurels constituent un véritable calvaire pour les habitants.    

new-1039.JPGLa météo est capricieuse ce samedi matin du mois de juillet. Les fines gouttes de pluie qui arrosent le fleuve Wouri depuis les premières heures de la journée ne sont pas prêtes de s’estomper. Mais les propos du commandant du Bataillon d’intervention rapide (Bir) sont plutôt rassurants. « Vos gilets de sauvetage sont sécurisés. Le corridor aussi est sécurisé. Mais comme on n’est jamais sûr à 100%, si jamais vous tombez à l’eau utilisez votre sifflet. On vous repêchera. En cas d’attaque, nos éléments sont parés pour riposter », indique –t-il. Embarquement à bord du Defender à 9 heures. La chaloupe à moteur de l’armée camerounaise s’éloigne peu à peu de la base navale de Douala. Le cap est mis sur Manoka, dans l’arrondissement de Douala 6ème.

En-route-pour-Manoka--a-bord-du-Defender-jpgDeux militaires du Bir montent la garde à bord. Ils sont postés près des mitraillettes. Il y a de l’eau à perte de vue. La mangrove est aperçue au loin. Le Defender défie les vagues. Clémentine, une passagère, a plongé une main dans le fleuve. « Je veux respirer l’air de la mer », crie –t-elle, tout sourire. Le capitaine aux commandes jette un coup d’œil de temps à autre sur son tableau de bord. On peut y lire la vitesse, la profondeur des eaux, la position Gps et l’itinéraire à suivre. Au bout de douze minutes, le tableau pointe la profondeur des eaux à 8,7 mètres alors que le Defender a atteint les 51km/h. On passe la bouée 25. « Il y a au total trente bouées qui matérialisent l’entrée au Port de Douala. Celles en vert comportent des chiffres pairs. Celles en rouge ont des chiffres impairs », renseigne le capitaine. Le Defender croise quelques pêcheurs à bord de pirogues. Et au bout de 43 minutes de traversée, Manoka (centre administratif) s’offre à nous.   

Une-vue-des-maisons-de-Manoka--Centre-administratif--jpgLe Defender accoste. Sorti de la base du Bir de Manoka, il faut se déplacer sur des pneus de camions soigneusement disposés pour éviter de plonger les pieds dans la boue. Les premières maisons qui poussent ici sont construites en matériaux provisoires. Quelques comptoirs de fortune achalandés sont établis à la devanture de quelques bâtisses. Non loin de la case du chef de famille des ressortissants du Grand Nord, le visiteur aperçoit une installation de panneaux solaires. Au bout de 50 mètres de marche sur la piste principale, les bâtisses ne sont plus visibles. La mangrove s’étend maintenant sur de grandes superficies, de part et d’autre

de la voie. Le bruit du ruissellement des eaux et le sifflement des oiseaux rythment les pas. Des coups de marteau retentissent dans les bois et rompent l’harmonie. « Un homme est entrain de confectionner sa pirogue », renseigne un riverain.

 

La-place-des-fete-de-Manoka--deserte.-copie-1.jpgLa place des fêtes située au lieu-dit Manoka Plateau est déserte. A la brigade construite tout près, un gendarme de garde se tourne les pouces. « Manoka est un coin mort. Il n’y a pas de lumière. Pas d’eau potable. On utilise encore les lampes tempêtes. Je suis de garde aujourd’hui. Mes compagnons sont des oiseaux. C’est en période de classe que les élèves font un peu de bruit lorsqu’ils traversent le chemin pour aller à l’école », se désole l’homme en tenue. En effet, le coin est silencieux. Pas de bruit de moteur de voiture ou de moto. D’ailleurs, il y a juste deux tricycles à Manoka. L’un des véhicules à trois roues utilisés pour transporter les marchandises du rivage vers l’intérieur du « village » appartient à la commune d’arrondissement. Quelques poteaux à panneaux solaires sont plantés par endroits pour éclairer la grande route. Mais les maisons de Manoka baignent dans le noir. Les habitants les plus nantis se sont dotés d’un groupe électrogène. « La mairie a un grand groupe électrogène qui est mis en marche seulement lors des cérémonies officielles », indique un riverain.

 

Le-chantier-de-construction-du-dortoir-des-enseignants-du-l.jpgDeux kilomètres plus loin, le lycée bilingue de Manoka nous accueille. Les élèves sont en congés. Ledit lycée souffre d’un manque d’enseignants, apprend-on. Ceux affectés à Manoka renoncent à s’y rendre. Les élèves affirment que les instituteurs présents sont alors obligés de dispenser plusieurs matières ou d’occuper les élèves des classes qu’ils ne tiennent pas. Il y a en outre un problème de logement du corps enseignant. « Les sept enseignants du lycée dorment dans deux chambres, non loin de la sous-préfecture », relève Pierre Ebanda Makonguè, un habitant de Manoka. Le proviseur du lycée a dû affecter une partie de son domicile à la création de la classe de Terminale. Il y a quelques jours, dans le cadre du programme « 21 Days Of Yello Care », les employés de la société de téléphonie mobile Mtn Cameroon ont offert un dortoir pour les enseignants du lycée bilingue. Les bâtiments sont subdivisés en dix chambres. Une initiative qui, selon les donateurs, vise à encourager les enseignants à ne plus déserter l’établissement scolaire.  

La torche utilisée lors des accouchements

Deux dames allongées sur des bancs en béton discutent à haute voix à l’hôpital de Manoka. Elles s’expriment en Pidgin, un anglais argotique. Elles attendent d’être reçues par l’infirmier de garde. La plus jeune dame dit souffrir de paludisme. Selon Cyrille Edmond Lontsie, l’infirmier en poste, le paludisme est justement le cas de maladie le plus détecté lors des consultations à Manoka (Centre administratif). Les registres de l’hôpital révèlent que sur 100 malades consultés, il y a en moyenne 70  cas de paludisme. Il y a aussi des cas de gastro anthérique qui se manifestent par les diarrhées, les vomissements. L’infirmier de garde note que la malnutrition dans l’île est à l’origine des maladies chez 60% des enfants âgés de 0 à 5 ans à Manoka. Sur cent consultations par mois, en moyenne 35 malades de Vih/Sida sont dépistés, selon les statistiques de l’hôpital.

Des-maisons-de-Manoka-entourees-de-marecages-jpgL’hôpital est ravitaillé en médicaments par le Centre d’approvisionnement en produits pharmaceutiques régional (Cappr), qui approvisionne seulement en médicaments essentiels. Il n’y a pas de pharmacie à Manoka. En cas de transfert urgent de malade, le Bir apporte souvent son aide à la formation sanitaire, apprend-on. Les sept employés de l’hôpital sont chargés de gérer 37 000 sujets de l’aire de santé de Manoka (constituée de plus de 40 campements), dont 7115 à Manoka Centre administratif. Le seul médecin ici présent est à la fois directeur de l’hôpital et chef de district. Le laboratoire de l’hôpital n’est fonctionnel que depuis le mois d’avril. Le travail n’y est pas aisé pour autant. Des accouchements et des opérations se pratiquent à la lumière de la lampe torche. « On a un groupe, mais il consomme 35 000 F. Cfa de carburant en 16h. On active le groupe seulement lors des opérations chirurgicales. Quand le groupe nous lâche, la torche prend le relais », confie Cyrille Edmond Lontsie. Il relève en outre que les portes de l’hôpital restent souvent fermées pendant des jours, lors des campagnes de vaccinations dans les différents campements de l’île de Manoka, où la pêche constitue la principale activité génératrice de revenus.

Le poisson fait vivre

Des-pecheurs-accostent-leur-pirogue-sur-l-ile-de-Manoka.jpg « C’est le poisson qui nous fait vivre ici. Hormis du poisson, il n’y a rien. Aucune société dans les parages, donc pas d’emplois». Josué Biyongo que nous rencontrons sur la plage ce samedi au quartier Kalabar Quater, non loin de la base du Bir, apprête ses filets. Ce natif de Manoka, âgé de 58 ans, pratique l’activité de pêche depuis l’âge de 12 ans. Il a appris le métier auprès d’ainés nigérians, après six ans de formation en dépannage de moteur de pirogues Hors-bord à Cap Cameroun (un des campements de Manoka). Le quinquagénaire indique qu’il y a plus de 100 pêcheurs à Manoka-Centre administratif.

La pêche au filet est la pratique la plus courante. Les pêcheurs gagnent le fleuve selon le mouvement de la montée des eaux. Deux à trois personnes par pirogue, ils quittent le rivage en soirée. Ils reviennent dans la nuit ou au petit matin, avec différents types de poissons dans les barques. On y retrouve des capitaines, des bars, des carpes, des machoirons et des bossus. « Lorsque la pêche est bonne, nous pouvons retourner sur le rivage avec 40 poissons. Pour 30 gros poissons vendus, on peut s’en tirer avec environ 300 000 F. Cfa de recette », affirme Josué Biyondo. Le fruit de la pêche est vendu à Manoka et à Youpwé, un quartier de l’arrondissement de Douala 1er. Les plus jeunes de Manoka trouvent également leur compte dans l’activité de pêche. Ils sont sollicités pour décharger le contenu des pirogues, contre rémunération.

Des-pecheurs-de-l-ile-de-Manoka-appretent-les-filets-jpgIl est bientôt 15 h. La pluie arrose l’île. Les eaux du fleuve Wouri  débordent et gagnent progressivement la terre ferme. « C’est la marée sauvage », renseigne un habitant de Manoka. Il nous apprend que l’histoire raconte que l’île, qui s’appelait Malendè à l’époque, a été découverte par des religieux allemands qui s’y étaient installés. Lors du décès de la « sœur » Monika, sa dépouille a été inhumée non loin de l’actuel emplacement de la brigade. En sa mémoire, les religieux ont baptisé l’île au nom de ‘’Monika’’. « Après le départ des Allemands, les populations ont transformé le nom de l’île en Manoka », relate Josué Biyondo. Aujourd’hui, le coin est peuplé par les ethnies Bakoko, Malimba, Ewondo, des ressortissants du grand Nord et des Nigérians. Autre vestige colonial à Manoka, la prison de Douala Manga Bell. Le vieil édifice trône à l’une des rives de l’île. Les résistants à la pénétration européenne y étaient enfermés, apprend-on.

 

La-prison-des-resistants-a-Manoka.jpgMais l’accès à Manoka demeure la principale difficulté qui coupe cette localité des autres arrondissements de la capitale économique. On y accède par voie maritime. Une grande pirogue Hors bord fait des navettes journalières entre Manoka et Youpwé. La barque peut recevoir jusqu’à 80 passagers. Elle quitte l’île entre 8h30 et 9h en journée. Le départ en soirée est prévu entre 17h30 et 18h, selon la météo. Le voyage dure deux heures. Chaque passager doit débourser la somme de 1000 F. Cfa. Les habitants de Manoka effectuent régulièrement cette traversée pour se ravitailler en vivres au marché de Youpwé ou dans les autres marchés des arrondissements de Douala 1er, 2ème, 3ème 4ème ou 5ème. 

Mathias Mouendé Ngamo, de retour de Manoka

Par Mathias Mouendé Ngamo
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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 10:48

Médias. Ils accusent la société de distribution de ne pas respecter le contrat qui les lie et d’entretenir le flou dans les rapports de vente. 

 

Douala--25-juillet-2014.-Les-editeurs-de-presse-en-reunio.jpgSelon une étude menée par la Fédération des éditeurs de presse du Cameroun (Fedipresse), 60% des points de vente des journaux sont inactifs à Douala.  44% le sont à Yaoundé. Les membres de la Fedipresse constatent qu’en dehors de ces deux grandes métropoles, les journaux ne sont pas visibles dans les autres villes du Cameroun. Les localités comme Bafia, Bokito, Ombessa, Ndiki, Monatélé et Obala, situées dans la région du Centre, à quelques kilomètres seulement de Yaoundé, ne sont pas couvertes par Messapresse, l’entreprise qui détient le monopole de la distribution des journaux. Toute chose qui n’est pas sans incidence sur les chiffres de vente des entreprises de presse. En réunion de crise à Douala le 25 juillet 2014, les éditeurs de presse ont exprimé leur mécontentement.

Les patrons de presse accusent Messapresse de ne pas remplir pleinement ses missions. Ils soutiennent que selon l’article 17 du contrat qui les lie, le journal doit être distribué sur l’étendue de la République. « Messapresse n’a pas à l’esprit de revoir sa politique de distribution », déplore Michel Michaud Moussala, vice-président de la Fedipresse et directeur de publication (Dp) du journal Aurore Plus. Il rappelle qu’il y a 20 ans, Messapresse desservait tout le pays. L’entreprise avait une logistique constituée de huit cars Hiaces. Les organes de presse qui tiraient à l’époque près de 30 000 exemplaires réalisaient alors 67% de taux de vente. « Messapresse n’a plus qu’une seule Hiace et fait livrer les journaux par la société Esico », indique le Dp de Aurore Plus.

Les éditeurs militent aussi pour une transparence dans le compte rendu de distributions. Ils relèvent que ce document est établi de manière unilatérale par Messapresse et déplorent le flou dans la gestion des invendus. A Douala vendredi, les patrons de presse ont pris un ensemble de mesures pour rappeler à Messapresse ses missions et voir dans quelle mesure mettre sur pied des structures parallèles de distribution des journaux. Ils notent qu’ils y seront peut-être contraints. « D’après nos informations, Messapresse est entrain de se séparer de la partie distribution. Nous allons voir si nous ne devons pas l’attaquer en justice puisqu’il n’a pas respecté le contrat», déclare Séverin Tchounkeu, Dp du quotidien La Nouvelle expression. Il renseigne en outre, que d’après les imprimeurs, le prix du papier journal pourrait subir une hausse de 49% applicable dès cette semaine, dont 30% des frais de Douanes et 19% de Tva. Si tel est le cas, le prix du journal pourrait passer de 400 à 600 F. Cfa.  

Mathias Mouendé Ngamo

 

Réaction

Haman-Mana--president-de-la-Fedipresse-jpg« On a atteint l’insupportable »

Haman Mana, président de la Fédération des éditeurs de presse du Cameroun (Fedipresse).

Nous sommes dans une relation à trois dans laquelle il y a deux parties qui sont inconfortables. Messapresse ne fait pas de transparence dans le compte rendu de distribution. La vérification est impossible et l’interlocuteur ne vous donne aucune explication. La distribution n’est pas faite de manière que celui qui a envie d’un journal le retrouve où il doit être. Il n’y a aucune force de vente qui est déployée. C’est pour cela que les éditeurs de presse se sont mis ensemble pour parler de tous ces problèmes. Il y a des alternatives. Nous sommes entrain d’y réfléchir. Ce n’est pas la première fois que Messapresse est interpellée. Mais en ce moment, soit nous le faisons, soit nous mourons. Nos entreprises de presse ont atteint l’insupportable.  

Propos recueillis par M.M.N.

Par Mathias Mouendé Ngamo - Communauté : Afrique debout
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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 10:17

Manidem. Il va coiffer la direction du parti politique jusqu’à l’organisation du prochain congrès prévu à la mi-janvier 2015.

 

Dieudonne-Yebga--nouveau-president-du-Manidem.jpg Dieudonné Yebga est le nouveau président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). Il a été placé à la tête de la direction du parti politique de l’opposition samedi 02 août 2014 à Bafoussam, lors du Comité national de coordination (Cnc). Il remplace à ce poste Pierre Abanda Kpama, décédé depuis le 30 janvier 2014. La candidature de l’ancien membre du bureau politique, responsable aux affaires économiques du Manidem, est passée devant celle de deux autres camarades, à savoir Jean Pierre Nghonda Nounga et Emmanuel Mpouma. Lors des votes, les participants du Conseil national de coordination du Manidem ont porté leur choix sur Dieudonné Yebga,  après le désistement de Pierre Nghonda Nounga.

Le nouveau président du Manidem a pour mission de préparer le prochain congrès qui se tiendra à la mi-janvier 2015 à Bafoussam. Une cérémonie qui coïncide avec la commémoration de la disparition d’Ernest Ouandié (fusillé le 15 janvier 1971 à Bafoussam, ndlr). Pendant ledit congrès, l’instance dirigeante du parti sera révisée. Si Dieudonné Yebga convainc les siens pendant les six mois de fonction qui lui ont été accordés, il est possible que le parti lui renouvelle sa confiance à la tête du bureau politique. Pour parvenir à cette fin, Dieudonné Yebga entend « réorganiser le parti en essayant de faire la politique autrement. C’est ma mission principale », a –t-il indiqué.

Les militants du Manidem affirment qu’un nouveau président peut être désigné à l’occasion d’une réunion du Conseil national de coordination. Si la date du congrès initialement prévue en novembre 2014 et la désignation du nouveau président ont été modifiées, « c’est parce que le Cameroun est en guerre. C’est ce qui nous a fait anticiper les choses », justifie un membre du bureau politique. Le politicien fait référence aux différentes attaques présumées de la secte islamique Boko Haram, dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Le nouveau président Manidem, Dieudonné Yebga, compte d’ailleurs produire un communiqué mardi 05 août 2014 pour faire entendre le son de cloche du parti sur l’actualité dominante.  

Né le 30 décembre 1958, Dieudonné Yebga est originaire du département du Nyong-Ekélé, arrondissement de Matomb. Il entre en politique en 1989, dans les rangs de l’Union des populations du Cameroun (Upc), alors en clandestinité. En 1995, Dieudonné Yebga fait partie des membres fondateurs du Manidem avec les « camarades » Abanda Kpama, Anicet Ekanè et Stéphane Ngwé, entre autres. En 2011, il a été le directeur de campagne du candidat Anicet Ekanè, à l’élection présidentielle. Aux municipales de 2013, Dieudonné Yebga a représenté le Manidem dans la localité de Matomb. Le parti s’en est tiré avec 4% des suffrages exprimés. Dans la vie active, l’ingénieur et analyste des systèmes d’exploitation occupe depuis neuf ans le poste de chef de division du système d’information à Aes Sonel. Il est en outre le secrétaire général du Syndicat national autonome des travailleurs de l’énergie et eau du Cameroun (Synateec). Il est marié et père de plusieurs enfants. 

Mathias Mouendé Ngamo

Par Mathias Mouendé Ngamo - Communauté : blogueur africains
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