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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 10:42
de l'huile de palme exposée au marché Madagascar à Douala, au Cameroun
de l'huile de palme exposée au marché Madagascar à Douala, au Cameroun

Huiles végétales. Les prix qui oscillent souvent au gré des saisons connaissent une certaine stabilité ces derniers-jours, mais les ménagères ont un autre défi à relever : trouver une huile de bonne qualité.

Polycarpe Dakgo est assis au milieu de fûts rangés dans un conteneur au marché Madagascar à Douala. Il se tourne les pouces. De temps en temps, le petit commerçant jette un coup d’œil vers la grande cuvette contenant de l’huile de palme qu’il a exposée devant sa petite boutique de fortune. Il fixe ensuite la chaussée en quête d’un éventuel client. Il s’assied confortablement lorsque son invité lui adresse la parole. A la fin des propos de son convive, son regard reprend à nouveau le manège entre la cuvette et la chaussée. Bientôt, une ménagère s’avance vers la cuvette d’huile. Polycarpe bondit de sa chaise. « Le litre d’huile coûte 600 F. Cfa », fait –t- il savoir à la dame. « Je veux de l’huile pour 250 F. Cfa », rétorque la ménagère. D’une main, elle présente une bouteille vide au vendeur. De l’autre, elle lui remet trois pièces d’argent. Pour ce service, Polycarpe se sert de petites bouteilles plastiques plongées dans le liquide rouge. Il y en a pour tous les prix. Des mesures de 100 F. Cfa, 150 F. Cfa, 250 F. Cfa et une mesure de 300 F. Cfa pour le demi-litre d’huile de palme. « Les ménagères n’ont pas toujours assez d’argent pour se procurer le litre d’huile de palme. Alors, nous détaillons ainsi pour satisfaire tout le monde », explique le commerçant lancé dans cette activité depuis 15 ans.

A 600 F. Cfa le litre, le prix de l’huile connait une stabilité depuis près d’un an, d’après les vendeurs. Mais ce tarif ne semble pas toujours être à la portée des ménagères. «Imaginez que votre conjoint vous remet 2500 F. Cfa de ration et que vous achetez un kilogramme de poisson pour 1400 F. Cfa. Si vous achetez ensuite un litre d’huile à 600 F. Cfa, la somme de 500 F. Cfa restante ne vous permettra pas de terminer vos achats. Nous sommes obligées d’acheter la quantité d’huile qui suffira pour un seul repas », détaille la ménagère rencontrée au marché de Madagascar. Et même si les prix sont stables, il n’est pas exclu de craindre des fluctuations souvent dues aux saisons.

A la délégation régionale du Commerce pour le Littoral, on indique que le prix recommandé actuellement est de 650 F. Cfa/litre d’huile de palme « brute » « Souvent sur le marché, ce prix baisse à 600 F. Cfa. Pendant la période dite de repos végétatif, le prix peut grimper jusqu’à 800 F. Cfa. Mais cela n’est pas arrivé depuis le début de l’année. Même le prix de l’huile raffinée est stable », assure Lucas Meka’a Melibi, chef section de la concurrence, des prix et du commerce à la délégation régionale du Commerce du Littoral. Les commerçants attestent que le prix du litre d’huile de palme a atteint la barre de 900 F. Cfa, il y a trois ans. « Pendant les pluies, les noix de palmistes ne murissent pas beaucoup. Et quand l’huile est rare sur le marché, les prix grimpent. Il n’y a plus manque d’huile actuellement. Il y a même abondance », constate Elie, un vendeur d’huile de palme à Madagascar.

L’huile « villageoise » et le « vrac »

A 14h ce mardi 24 mars 2015, la cuvette d’huile de palme de Polycarpe est à moitié vide. Le vendeur révèle qu’il a en poche, moins de 10 000 F. Cfa de recette. Il soutient qu’à pareille heure il y a quelques années, il pouvait déjà compter 50 000 F. Cfa dans ses mains. Mais les huiles de palme dite « Villageoise » et « Vrac » ont pris le contrôle du marché, au détriment de l’huile en provenance de la Société camerounaise de palmerais (Socapalm) qui alimentait jusqu’alors le marché local. L’huile dite « villageoise » est celle pressée de manière traditionnelle et conditionnée dans des fûts et des bidons, apprend-on. Cette pratique est récurrente dans la région du Littoral, où les planteurs se sont investis dans la culture du palmier à huile. L’huile dite « vrac », c’est de l’huile raffinée achetée par des particuliers dans des raffineries à bas prix. Le liquide est conditionné dans des fûts de 250 litres et revendu sur le marché dans différents contenants.

Le litre d’huile de palme « villageoise » oscille entre 475 et 500 F. Cfa sur le marché. Pour l’huile de palme raffinée « vrac », les grossistes se la procure dans des raffineries à 830 F. Cfa/l. Sur le marché, le même litre est revendu à 950 F. Cfa. Les petits commerçants conditionnent aussi cette huile dans des bouteilles d’1,5l qu’ils revendent à 1350 F. Cfa. « L’huile de palme raffinée Mayor coûte 1200 F. Cfa. Le prix des huiles végétales oscillent entre 1000 et 1200 F. Cfa », précise Lucas Meka’a Melibi. Selon Dieunedort Nganhe, grossiste établi au lieu-dit Marché Buea au marché Central de Douala, la plupart des vendeurs d’huile de la Socapalm se sont reconvertis dans l’huile « villageoise » et dans le « vrac », où les coûts semblent plus abordables. « 90% des vendeurs d’huile de palme vendent de l’huile « villageoise » et du « vrac », atteste le grossiste, lancé dans cette activité depuis 22 ans.

Les ménagères en payent le prix. « J’achète mon huile de palme chez le même vendeur. Une fois, j’ai envoyé ma fille. Elle m’a rapporté une huile de mauvaise qualité. Les légumes que j’ai préparés ce jour-là n’avaient pas de goût. Ils n’avaient pas bonne odeur aussi », se souvient Jacqueline Touré, une habitante du quartier Bonapriso. « Plusieurs fois, je me suis rendue compte à la maison que j’avais acheté une mauvaise huile, parce que les repas ne réussissent pas comme d’habitude. C’est plus gênant lorsque vous faites des mets comme le koki ou la banane malaxée», témoigne une autre ménagère, déçue. Qui dit ne pas savoir comment reconnaitre une huile de bonne qualité sur le marché. D’anciens vendeurs d’huile de palme donnent quelques astuces pour cela. Ils précisent que les bouteilles contenant l’huile de palme raffinée « vrac » ne sont pas scellées. L’huile de la Socapalm a un meilleur arôme. L’huile « villageoise » contient de l’eau et ne peut être conservée qu’à peine six mois. Une mauvaise odeur se dégage de l’huile après cette période. L’huile « villageoise » est souvent sombre et lourd en saison de pluie, apprend-on.

A la délégation régionale du Commerce pour le Littoral, on reconnait la présence de l’huile de palme « villageoise » et du « vrac » sur le marché. On évoque la difficulté à intervenir dans cette filière. « Les villageois vendent aux revendeurs dans des marchés, tôt vers 6h. Nous n’avons pas des équipes de contrôles sur le terrain à cette heure-là. On ne peut s’organiser des contrôles de jour comme de nuit que lorsqu’il y a une situation d’alerte. Il n’y a pas de plainte pour le moment », assure Lucas Meka’a Melibi, chef section de la concurrence, des prix et du Commerce. Il relève que la délégation régionale du Commerce du le Littoral n’a d’ailleurs pas l’expertise pour le contrôle de la qualité de l’huile de palme vendue sur le marché.

2 cuillères d’huile par jour

D’autres huiles dites huiles végétales importées pour la plupart bondent aussi les étales dans les espaces marchands. Il s’agit entre autres, de l’huile de soja, de l’huile de maïs, de l’huile de tournesol. Des commerçants du marché Sandaga indiquent que les prix de ces huiles ont récemment subi une légère baisse. « Le litre de l’huile de soja Oilio est actuellement vendu à 1500 F. Cfa. Le litre coûtait 1700 F. Cfa il y a quelques jours », indique Christine, tenancière d’une boutique à Sandaga. Le litre d’huile de soja Jadida est livré à 1300 F. Cfa aux clients. Des vendeurs notent la rareté de l’huile de Coton, Diamaor. Pour l’huile d’olive, il faut débourser près de 7500 F. Cfa pour 75 cl, selon les marques. « On vend les huiles de soja et tournesol en cachette. Les gars de la délégation du Commerce viennent souvent saisir des cartons d’huile. Ils nous disent que ces huiles ne respectent pas la législation, car pas riche en vitamine A. Ils disent que nous ne devons vendre que les huiles comme Mayor et Azur », se plaint une commerçante du marché Deïdo. Elle explique que malgré le prix élevé de ces huiles, les clients affluent car ces huiles sont recommandées aux personnes ayant des problèmes de santé, les diabétiques notamment.

Samuel Fotso, diététicien-nutritionniste, affirme que les huiles végétales ont un apport en acides gras dans l’organisme. Il relève que pour toutes les huiles, la densité énergétique des acides gras oscille autour de 9kg calories par gramme. « Pour notre alimentation nous avons besoin de deux cuillères à soupe d’huile par jour pour un adulte, et d’une cuillère à café d’huile pour un enfant, afin de combler les besoins en acides gras. Au Cameroun, on consomme trop d’huile. Plus on consomme des huiles, plus on risque de déséquilibrer la balance énergétique. Et nous sommes plus sédentaires, donc il y a aussi des risques d’obésité », prévient le diététicien-nutritionniste. Samuel Fotso conseille en outre aux ménagères de veiller à ce que l’huile ne fume pendant les cuissons.

« Lorsque l’huile fume, elle produit des substances cancérigènes. Nous devons éviter d’atteindre le point de fumée. L’huile de palme est conseillée pour des cuissons où on a besoin d’une température élevée, comme les fritures. Pour l’huile de soja et l’huile de tournesol, le point de fumée est relativement plus bas. Par conséquent, elles ne sont pas indiquées en première intension pour des fritures où on a besoin des températures plus élevées », explique le spécialiste. Pour ce qui est de l’huile dite « vrac », Samuel Fotso identifie un risque sur le plan hygiénique. Le doute pèse sur l’état des de propreté des récipients utilisés lors des différentes transactions. Le diététicien note aussi d’une part, que l’exposition de l’huile à la lumière et au soleil diminue la teneur en acides gras. D’autre part, le processus de raffinage détruit la vitamine A. « C’est pourquoi la législation camerounaise demande d’enrichir les huiles raffinées en vitamine A », conclut –t-il.

Mathias Mouendé Ngamo

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 10:32

Nécrologie. L’artiste musicien camerounais décédé le 16 mars à l’hôpital Général de Yaoundé a contribué à l’essor du rythme makossa.

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Quatre jours après le décès de l’artiste musicien camerounais Guy Lobè à l’hôpital général de Yaoundé, ses amis et proches restent émus et confus. Ils ne comprennent pas les réelles motivations qui ont poussé l’artiste à se rendre au Cameroun. Lui qui vivait en France depuis plusieurs années déjà avait un état de santé précaire, à la suite d’un Accident vasculaire cérébral (Avc) contracté en 2010. Il avait même été annoncé pour mort à cette époque-là, mais il n’en était rien. Bien que plongé dans le coma, Guy Lobè avait eu raison de la mort. Passé cet épisode douloureux de sa vie, l’artiste a cessé les navettes vers son pays natal et fréquentait régulièrement des médecins là-bas en France, pour retrouver la grande forme et la joie de vivre qui l’ont toujours animé. Il convole même en juste noces en 2012.       

Aux proches qui l’ont côtoyé en France ces derniers mois, Guy Lobè assurait qu’il n’était pas possible pour lui de se rendre au Cameroun, vu son état de santé. La maison départementale des handicapés de France lui avait reconnu un taux d’invalidité de 80%, apprend-on. L’annonce du décès de l’artiste au Cameroun lundi 16 mars 2015 a donc d’abord été considérée par plusieurs de ses amis et connaissances comme une rumeur, une blague de mauvais goût. Et des blagues, Guy Lobè en avait toujours. Jacky kinguè, artiste et ami du défunt, se souvient de cette visite dans la chambre d’hospitalisation de Guy Lobè en France, au lendemain de son Avc en 2010. « Ce jour-là, nous l’avons trouvé allongé sur le lit. Il venait de se réveiller du coma. Mais c’est pourtant lui qui parlait le plus. Il nous a fait marrer pendant près de 5 heures. C’est un monsieur qui avait plein d’histoires et il savait les raconter. J’ai beaucoup appris de lui en musique et aussi en ce qui concerne la vie», témoigne Jacky Kinguè.       

Blagueur et fidèle en amitié

Un autre ami qui s’était rendu au chevet de Guy Lobè en France en 2010 se souvient que les infirmiers étaient surpris de voir autant de visiteurs. « Guy Lobè nous a expliqué que comme les blancs nous prennent pour des singes, ils étaient surpris de savoir qu’il avait autant de connaissances. Lorsqu’il a déclaré au médecin chef qu’il était artiste, ce dernier a fait des recherches sur Internet pour se rassurer. Après quoi, il a offert une chambre plus confortable à l’artiste », rapporte l’ami. Qui indique que Guy Lobè s’offusquait à ces derniers jours du fait que la maladie ou la mort des artistes retient l’attention d’un grand monde, « mais lorsqu’un musicien sort un nouvel album, personne n’est au courant », déplorait –t-il. Si on lui reconnaissait un amour poussé vers la consommation du Whisky et du cigare, un de ses neveux assure qu’il était toujours sobre.  

« C’était un homme de poigne, de principes et très intransigeant. Il avait ses défauts, mais beaucoup de qualités aussi. Il était fidèle en amitié », reconnait Alain Gérard, artiste et cousin du disparu. Comme preuve de cette fidélité en amitié, Sam Mbendè, artiste et ex-président de la société de gestion des droits d’auteurs Cameroon Music Coorporation (Cmc), se souvient de ce jour où la police est venue pour l’interpeller. Guy Lobè s’y est opposé. Il s’est assis au sol et a demandé à la police de le tuer avant de se saisir de Sam Mbendè, son ami. Malgré sa grande corpulence, son physique imposant et son succès en musique, Guy Lobè n’aimait pas le complexe de supériorité et la provocation, soutient Serge Ewoudou, son neveu. Il se rappelle de ce jour-où son oncle se rendait dans une discothèque à Deïdo. « Un des ‘’ gros bras’’ posté à l’entrée s’est moqué de sa coupe de cheveu en demandant s’il est devenu un samouraï. Guy Lobè lui a administré une gifle qui l’a propulsé à plusieurs mètres. Il faisait peur avec sa taille et son gabarit. Il était vraiment imposant», relève Serge Ewoudou.   

Sous-l-arbre-des-repetitions-chez-les-Lobe.jpgAu domicile des Lobè ce mercredi 18 mars 2015 à la Rue Kotto au quartier Deïdo à Douala, le portail est entrouvert. Yves Lobè, le frère cadet de Guy, n’est pas disponible. Contacté au téléphone par un de ses proches, il répond avec une voix enrouée après plusieurs insistances. Il se repose. Il ne peut pas parler. Il a chanté toute la nuit et s’est couché au lit autour de 5h, fait –t-il savoir avant de prendre congé de son interlocuteur. Le Jour a appris que la veille, Yves Lobè a passé la grande partie de la journée a revisité des chansons de son frère ainé, guitare à la main. De temps à autre, il a jeté un regard vers le grand manguier planté dans la cour du domicile. « C’est à l’ombre de ce manguier que Guy Lobè faisait ses répétitions. C’est là qu’il a composé la maquette de son premier album. Je crois qu’il y puisait une grande source d’inspiration», confie Serge Ewoudou. Les voisins du quartier rencontrés par le reporter présentent le disparu comme un rassembleur, quelqu’un de disponible. « Chaque fois qu’on avait un problème au quartier, on le lui posait. Il trouvait toujours une solution. On l’a vu difficilement se fâcher. Il était toujours avec les jeunes et les adultes », se rappelle Etame Kingue, un des habitants de la Rue Kotto.

Artiste prolifique

Né le 27 janvier 1959 au quartier Akwa à Douala, Guy Lobè est l’ainé d’une famille de sept enfants. Le dernier né est décédé il y a une dizaine d’années. Le père aussi n’est plus. La maman vit en Europe. Le petit Lobè grandit à la Rue Kotto à Deïdo, au domicile des grands parents. Il passe son cycle secondaire au collège Integ et s’en tire avec un Baccalauréat. Il travaille quelques années dans une société d’assurances. Mais Guy Lobè est rongé par le virus de la musique. Il quitte le monde de l’entreprise. Il avait déjà fait ses premiers pas lors des concerts scolaires. Il investit donc les cabarets, et notamment Aris Bar, un des célèbres cabarets des années 80 sis au quartier Akwa à Douala. En 1984, il sort son premier album sous le registre makossa, baptisé « Dégager ». Ce père de deux enfants est produit par Aladji Touré. Le guitariste Sammy Djondji l’accompagne à la guitare dans ce premier disque qui captive.

Guy Lobè apprend très vite à jouer à différents instruments et manie aussi bien la guitare, la basse, le piano, entre autres. Il met sur le marché discographique une dizaine d’albums, dont « Mon amie à moi », « Malinga », « Cocktail », «solitude », « Union libre », « Coucou ». « C’était un des artistes les plus productifs de sa génération. Il mettait sur le marché discographique au moins un album chaque année. Il a été au sommet des Hit parades et a remporté des prix en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Canada, aux Antilles, entre autres », se souvient Sam Mbendè.  Pour les artistes, Guy Lobè était un parolier. Il faisait des chansons à textes et développait beaucoup les thèmes en rapport avec l’amour, la détermination. Il a contribué a donné au rythme makossa, ses lettres de noblesse.

Guy Lobè a également contribué au développement de la carrière de nombreux autres artistes. Il a fait des compositions pour Charlotte Mbango, Sissi Dipoko, les jumeaux Epée et Koum, Joëlle Esso. Il a écrit une chanson intitulée « Chercher la vie », pour Alain Gérard. « La graine musicale, je l’ai cueillie en regardant Guy Lobè chanter », reconnait ce dernier. Guy Lobè a aussi fait plusieurs collaborations musicales, avec Sergeo Polo, notamment. Il a également fait des arrangements d’albums. Lui qui jouait de la musique tout le temps, quand il en avait l’occasion, préparait un album avec le bassiste camerounais vivant aux Etats-Unis, Fréderic Doumbè, selon nos informations. « Guy Lobè a composé récemment des titres de world music. Il a dit qu’il allait changer de registre. Qu’il n’avait plus la force pour faire du makossa. Il allait se lancer dans la World Music », confie Jacky Kinguè. La mort de Guy Lobè a enterré tous ses projets. Pour Serge Mbarga Owona, un des mélomanes fan du makossa des années 80, « Guy Lobè est un des derniers monstres sacrés de la musique camerounaise. C’est une grande perte. Guy Lobe faisait partie avec Dina Bell et autres, de ces artistes qui ont l’art de sortir des tubes. Quand il chantait, ça ne laissait personne indifférent. Il faisait du makossa dansant», se désole –t-il.

Le programme officiel des obsèques de Guy Lobè n’est pas encore clairement établi. Des proches font savoir que la dépouille quittera Yaoundé vendredi 20 mars 2015. Elle sera déposée à la morgue de l’hôpital de région militaire n°2 de Douala. Plusieurs réunions entre les artistes et les membres de la famille seront ensuite organisées pour dresser le programme des obsèques du père de « Union libre ».

Mathias Mouendé Ngamo

 

 

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 17:23

Bomono. Les membres du Bysness Comedie Club revenaient d’une tournée promotionnelle à Bafoussam.  

William Seugnou est inconsolable. Le jeune homme qui arpente les couloirs de l’hôpital protestant Cebec de Bonabéri ce mercredi 25 février 2015 est confus. Son téléphone sonne à chaque seconde. Il répond à ses interlocuteurs avec la voix enrouée. Il n’hésite pas à verser de grosses gouttes de larmes. Le réalisateur camerounais pleure la disparition de ses deux comédiens. Les membres du Bysness Comedie Club sont décédés à la suite d’un accident de la circulation survenu mardi 24 février 2015 à Bomono, une localité située à quelques encablures de la ville de Douala. Béatrice Ngo (Sorelle), 24 ans, présentait de larges plaies aux pieds et aux bras. Elle a rendu l’âme quelques minutes après son admission à l’hôpital Cebec. Edouard Tinda (Doudou) présentait des blessures sur le corps et une fissure sur le crâne. Il a été transféré de toute urgence à l’hôpital Laquintinie de Douala, où il a succombé à ses blessures. Les dépouilles des deux comédiens ont été placées à la morgue. Quatre autres comédiens du Bysness Comedie Club, à savoir « Line », « Beyoncé », « Col Black » et le réalisateur William Seugnou s’en sont tirés avec des égratignures, des déboitements et autres douleurs corporelles. Ils ont été transférés à l’hôpital Laquintinie pour des examens médicaux et des soins.

Selon les témoignages, les six membres du Bysness Comedie Club accidentés, revenaient de la ville de Bafoussam, à l’Ouest du pays. Ils s’y sont rendus dans le cadre d’une tournée nationale entamée depuis un mois, pour la promotion de leur nouvelle comédie musicale baptisée « Bella », sortie il y a quelques temps. Ils roulaient à bord d’une voiture personnelle sur l’axe Douala-Bafoussam et avaient déjà amorcé la localité de Bomono, non loin de Douala. Edouard Tinda (Doudou), au volant du véhicule a tenté de dépasser une voiture. Le véhicule qui transportait les comédiens s’est alors retrouvé en face d’une autre voiture qui roulait dans le sens contraire. En voulant esquiver le choc, la voiture a fait plusieurs tonneaux et s’est immobilisée sur le côté de la route. L’accident s’est produit peu avant 18h, mardi 24 février 2015. Les victimes ont été transportées à l’hôpital protestant Cebec de Bonabéri. Elles ont été escortées par deux policiers sur une moto.

Le Byness Comédie Club a mis sur le marché camerounais plusieurs courts métrages. Le groupe de jeune a produit la comédie musicale « Pala Pala », et tout récemment « Bella ». Béatrice Ngo, la comédienne décédée s’est également illustrée dans les films « Nyanga », et « Une Valentine pour deux ». Elle a également joué dans plusieurs courts métrages. Certaines de ces productions ont déjà été diffusées sur la chaine de télévision camerounaise Canal 2 Movies.

Mathias Mouendé Ngamo

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 16:20

Fernando-D-Almeida--de-son-vivant.jpg

Fernando D’Almeida. Le poète, critique littéraire, enseignant d’université et journaliste décédé le 23 février 2015 à l’âge de 60 ans aimait les plaisirs de la vie et avait de la passion pour son travail.   

 

Le départ de Fernando D’Almeida a sans aucun doute laissé un vide au sein de la grande famille des poètes, des écrivains, des enseignants et des journalistes. Les amis et proches le savaient certes malade, mais ils ne s’attendaient pas une triste nouvelle de sitôt. C’est que Fernando D’Almeida n’avait jamais voulu présenter des signes de faiblesse ou de méforme. Il a toujours su se montrer plus fort que la maladie qui le terrassait depuis quelques années. A l’hôpital Général de Douala où il se rendait deux fois par semaine pour des séances de dialyse, sa venue était plutôt d’un grand apport thérapeutique pour les autres patients. Le personnel de l’institut hospitalier appréciait la bonne humeur qu’il partageait avec les malades. « Il mettait de l’ambiance. Il faisait rire tout le monde. C’était difficile de savoir qu’il était lui-même un patient », raconte un jeune homme ayant partagé plusieurs fois la même salle à l’hôpital Général de Douala avec Fernando D’Almeida.    

Mais l’insuffisance rénale dont souffrait Fernando D’Almeida a eu raison de lui lundi 23 février 2015. Cet homme plein de vie a été retrouvé mort sur son lit à son domicile au quartier Bonamoussadi à Douala. La maladie avait déjà fauché l’enseignant, poète et écrivain camerounais dans un projet académique il y a près de six ans. Parti en France pour passer le Hdr (utilisé dans l'enseignement supérieur français pour désigner l'habilitation à diriger des recherches, ndlr), il n’a pas pu l’obtenir. Il a fait une chute et a été très vite rétabli dans ses états par des médecins français. Il retourne au Cameroun sans le précieux titre qui lui aurait fait passer de chargé de cours à Maitre de conférences à la Faculté des Lettres et sciences humaines de l’université de Douala, département de français et études francophone. Un univers qu’il abandonne brutalement, deux mois avant sa retraite. Il devait avoir 60 ans le 19 avril prochain.

Les proches et connaissances de Fernando D’Almeida gardent de lui l’image d’un franc parleur, de quelqu’un qui n’avait pas peur de l’usage des mots. Et il avait le secret pour les manier. « Les mots qui nous paraissaient étranges, il les banalisait. Sa sensibilité de poète le poussait à ne pas se censurer », explique Jean Ferdinand Tchoutouo, bibliothécaire et ami du disparu. Il n’était donc pas étonnant qu’au détour d’une conversation, que Fernando D’Almeida évoque à haute voix le mot qui choque ou touche les sensibilités. Il a d’ailleurs développé la notion de Poérotique, entendez la poésie érotique. Fernando est de ces écrivains qui osent, qui effectuent des rapprochements entre des mots, tels qu’on ne le fait pas d’habitude dans la société soit par respect du sacré ou du respect du conventionnel. L’écrivain a intitulé l’un de ses livres « L’évangile du coït ». C’est tout dire.

Prix Léopold Sédar Senghor

Fernando D’Almeida écrivait beaucoup. Il a écrit de nombreux livres et recueils de poésies. On peut citer « Au seuil de l’exil » (1976), « Traduit du je pluriel » (1980), « En attendant le verdict » (1982), « L’espace de la parole » (1984). Considéré comme l’une des voix majeures et neuves de la nouvelle poésie africaine, l’auteur a plusieurs fois été sollicité pour animer des conférences et autres ateliers autour de la poésie. « Il était notre référent en matière de poésie. Sa bibliographie en la matière est très large. Jusqu’à son décès, tous ses manuscrits n’avaient pas encore été édités», confie un responsable à l’Institut français du Cameroun. Jean Ferdinand Tchoutouo le confirme, Fernando D’Almeida aimait écrire. Il écrivait tout le temps. A la moindre minute disponible, il enlevait un manuscrit de son sac pour le relire, ou y apporter des modifications. « Pour passer le Hdr, il lui avait été demandé de présenter quinze publications. Or, il en avait au moins une trentaine de publications. Donc ce n’était qu’une formalité pour lui. Mais la maladie a tout gâché », indique un ami du poète. Des publications qui emmènent D’Almeida à décrocher le 28 novembre 2008, le Grand prix Léopold Sédar Senghor de la poésie, organisé par la Maison africaine de la poésie internationale (Mapi). Il devient ainsi le premier africain à glaner cette distinction honorifique. Dans sa carrière littéraire, il a côtoie Mongo Béti et Henri Lopez. 

Pour Fernando D’Almeida, selon des dires de ses proches, le meilleur poète camerounais c’est Patrice Kayo. Il appréciait chez celui-ci, la subtilité avec laquelle il emploie ses mots. Il l’a plusieurs fois rendu visite dans son village à Bandjoun, à l’Ouest du Cameroun. Fernando D’Almeida a aussi écrit des essaies sur ce Patrice Kayo. Il en a rédigé d’autres sur les œuvres du poète et éditeur Paul Dakéyo et sur les livres du ministre Jacques Fame Ndongo, entre autres. Et c’est tout naturellement qu’il prenait part aux évènements en rapport avec la poésie. Au festival 3V Poésie de Marcel Kémajou en 2011, Fernando D’Almeida n’a pas manqué de prêter une oreille attentive aux déclamations des plus jeunes, à qui il a apporté beaucoup de conseils. «J’avais déclamé un poème sur la vie des orphelins. A la fin, il m’a conseillé de lire les œuvres d’autres poètes, mais de ne pas écrire comme eux, de trouver ma voie, mon style. Il m’a donné beaucoup de conseils ce jour-là », se souvient une jeune poétesse. La rencontre Festival 3V Poésie s’est achevée cette année-là, comme à l’accoutumée, autour de bouteilles de bières.

Un « viveur »

Et Fernando D’Almeida aimait consommer de la bière. Tous ceux qui le côtoyaient le savent. « Il aimait la bière et les femmes. Il ne pouvait pas passer une semaine sans faire un tour à la Rue de la joie à Deïdo. Il buvait jusqu’à 3h du matin, le lendemain », raconte un ami. Pour lui, le poète était un « viveur ». Lui qui n’hésitait pas à taquiner les gens au passage, à lancer une phrase qui vous arrache le sourire. « D’Almeida aimait la vie. Il avait une passion de la vie et du travail », se souvient Jacques Dooh Bell, journaliste au quotidien à capitaux privés Le Messager. Il se présente comme un ami et cousin du disparu. Le journaliste a épousé la cousine du poète. Il revoit dans sa tête ce professeur qu’il n’a jamais rencontré en veste. Toujours habillé en boubou ou chemise, avec une touffe de cheveux sur le crâne. « Il était à l’aise avec tout le monde. Autant il était dans des grands salons avec des personnalités, autant il se retrouvait dans les bars, sur les casiers de bière. C’était un homme de toutes les situations », affirme Dooh Bell.

En journalisme, Fernando D’Almeida a essentiellement travaillé dans la rubrique Culture. Mais a aussi traité les sujets d’autres rubriques avec la même aptitude. D’Almeida a fait partie de la rédaction de la presse du Cameroun, l’ancêtre de Cameroon Tribune. On l’a lu dans le mensuel Bingo. Il animait aussi sa revue Les Cahiers de l’estuaire. Il a été secrétaire de rédaction au journal La presse de la nation d’Honoré De Sumo. Cet ex-journaliste n’a pas tué l’amour de la plume en lui, après son départ de la presse. Il a prêté son savoir-faire au journal « Rein Info », édité par une association de soutien aux personnes souffrantes d’une insuffisance rénale, a –t-on appris.

Fernando D’Almeida est né le 19 avril 1955 à Douala, d'un père Béninois d’ascendance brésilienne et d’une mère Camerounaise. Papa, Pierre D’Almeida, était un cheminot employé à la Régis des chemins de fer (Régifercam). Le petit D’Almeida passe une partie de son enfance au quartier New-Bell, dans l’arrondissement de Douala 2ème. Il s’envole ensuite pour la France. Après avoir terminé des études à l’École des hautes études en Sciences Sociales de Paris, il obtient un diplôme d’études approfondies en Littératures et civilisations d’expression française. Il obtient un doctorat ès lettres à l’université de Paris-Sorbonne. Il arbore ensuite plusieurs casquettes, notamment celles de journaliste, conférencier, critique littéraire, poète et enseignant d’université. Il perd son épouse il y a près de quinze ans, alors que les enfants sont inscrits au premier cycle du secondaire. Après ce décès, le poète ne s’est pas remarié. Il a continué à vivre dans son domicile sis au quartier Bonamoussadi. C’est à l’intérieur de sa chambre que son corps inanimé a été découvert le lundi 23 février 2015. Fernando D’Almeida venait de tirer sa révérence.

Mathias Mouendé Ngamo

  

 

 

 

 

  

 

 

 

 

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 11:34

L’artiste musicien parle de ses premiers jours de liberté au Cameroun. Il revient sur les conditions de sa libération en France, sa vie en prison, son état d’esprit actuel et ses projets.    

L-artiste-Longue-Longue-jpgComment avez-vous apprécié votre accueil au pays?

Il était fantastique, magnifique. Le public a répondu présent. Les fans étaient là. Mes partenaires ont vraiment bossé pour que tout se passe bien. Avec mon public, nous sommes allés à Pk12. Il y avait un grand podium installé par les Brasseries du Cameroun. On a fait la fête toute la soirée avec des collègues artistes. Il y avait Fingon Tralala, Petit Piment et bien d’autres.

Comment vivez-vous vos premiers jours de liberté au Cameroun ?

Je suis fatigué. Mais je n’ai pas tardé pour aller dans les coins chauds, voir un peu comment ça se passe. J’en avais vraiment envie. J’étais à Deïdo pour manger du bon poisson braisé. Ça m’a manqué en prison. Là bas il n’y avait que les crèmes fraiches, alimenta râpé. Je suis aussi allé en boite. J’ai visité quelques snacks. Maintenant je me mets déjà au travail. Je fais déjà la ronde des médias. J’ai commencé à faire la ronde des gens qui me font travailler.

Comment s’est passée votre vie en prison ? Quelles étaient les conditions de votre incarcération ?

En prison on n’a pas 20/20 hein. C’est la prison quand même ! Vous y trouvez des gens qui sont là pour séquestration. Ceux qui sont là pour meurtre. Vous y trouvez des gens qui sont là pour des vrais délits, qui sont des vrais criminels, des vrais démons. Ma vie en prison a été très difficile, puisque je n’acceptais pas. Je n’ai jamais accepté faire ma vie en prison. Donc c’était les pleurs tous les jours. Je passais mon temps à appeler. S’il y a quelque chose qui m’a ruiné en prison, c’est le téléphone. J’appelais matin, midi et soir parce que je voulais toujours être en communication avec le dehors. J’appelais tout le monde. Si vous vous renseignez autour de vous, on vous le confirmera. C’est parce que je n’avais pas votre numéro de téléphone. Je vous aurais appelé. Au début, il y avait quelques embrouilles avec certains détenus. Mais tout s’est arrangé après. Ce qu’on me reprochait n’était pas très apprécié par ces grands voyous. Les vrais juges ce ne sont pas les magistrats, ce sont ces voyous-là. Quand vous arrivez, ils connaissent le problème qui vous y a conduit. Ils vont vous rejuger. Je me suis embrouillé plusieurs fois avec eux. Après j’ai aussi porté la casquette de prisonnier pour m’en sortir.

Vos appels téléphoniques ont –t-ils obtenu des réponses favorables ?

Le gouvernement camerounais m’a aidé financièrement. Je remercie le secrétaire général à la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. Sans oublier d’autres Camerounais comme monsieur Gouchengué de Congelcam, le colonel Jesus Edu Moto, le chef d’état major du président Teodoro Obiang Nguema. Je remercie le numéro 9 Samuel Eto’o, le fidèle, le Record man, le père Térésa. Je remercie aussi mon producteur.

La prison a –t-elle fait de vous un homme nouveau ?

Je suis un homme plus que nouveau. Je vais mieux qu’avant. J’ai rajeuni. Je suis devenu plus beau. Je m’exprime mieux. Je suis devenu plus intelligent, humble, plus respectueux. Et je suis devenu un homme foiré. Ce n’est plus le richissime Lonhkanamania que vous avez connu. Il y a eu beaucoup de changements dans ma vie. Je demande donc aux Camerounais d’en profiter, de faire de moi ce qu’ils veulent. De m’inviter chez eux manger du ‘’Eru’’. J’ai mangé du taro avec de la sauce jaune hier (dimanche 18 janvier 2015, ndlr) c’était délicieux.

L-artiste-Longue-Longue-.jpgEst-ce que le Longuè Longuè « Grande gueule » qu’on a connu le demeurera ?

Non. C’est maintenant petite gueule. La grande gueule est partie parce que je réserve tout maintenant dans mes chansons. ‘’Les blancs croyaient qu’après avoir libéré Mandela, il se vengerait de ceux qui l’ont condamné/Mais Mandela leur a pardonné (X2)/Pardonner à son ennemi n’est pas synonyme de faiblesse (X2) (chant).

Vous citez beaucoup Samuel Eto’o que vous ne cessez de remercier. Pourquoi ?

Le public sait que Samuel Eto’o m’a toujours soutenu. Depuis le début de cette affaire, Samuel Eto’o ne m’a jamais abandonné. Il m’a toujours soutenu moralement, physiquement, financièrement. Voila pourquoi je n’hésite pas à le citer dans mes chansons. Il a payé ma caution en 2011 pour qu’on me libère. Il m’a beaucoup aidé.

Une de vos premières phrases à votre arrivée à l’aéroport disait ‘’je pardonne à ces gens-là… ‘’ A qui faites-vous allusion ?

… C’est Mandela qui a pardonné à ces Anglais. Il est l’incarnation du pardon. Ce n’est pas une affaire de Longuè Longuè seul. Je dis bien toi opposant qui vient de conquérir le pouvoir es-tu prêt à pardonner à tes prédécesseurs quoiqu’ils aient fait ? Parce que la plupart du temps, ceux qui prennent le pouvoir viennent plutôt chasser ceux qui étaient là avant. C’est ce qui crée des guerres civiles et des innocents meurent. Alors qu’on peut pardonner pour avancer et laisser la paix. Quand je parle de pardonner à ces gens-là, je fais allusion à tout le monde. Il n’y a pas que les gens avec qui j’ai eu des problèmes en France. On doit promouvoir le pardon. C’est ça le discours. Si je suis allé me présenter à la justice, c’est une sorte de pardon.

Aujourd’hui vous êtes entièrement libre. Qu’est ce qui a concouru à votre relaxe ?

J’ai fourni des efforts. J’ai travaillé. J’ai présenté des garanties de réinsertions. Là bas, il faut travailler. J’ai eu une libération conditionnelle avec expulsion vers le Cameroun. Nous sommes passés aux débats contradictoires le 20 octobre et le juge d’application a dit que monsieur Longkana présente des garantis de réinsertion.

Au début de cette affaire vous avez clamé votre innocence. Avez-vous maintenu le même discours ?

Bien sûre, j’ai toujours clamé mon innocence mais je ne contexte pas la décision de justice. Si le procureur a fait appel, c’est d’ailleurs parce qu’elle a vu que je n’ai pas avancé sur ma position. Ma position est toujours la même. Je clame toujours mon innocence.

Lorsque cette affaire éclate, comment vous réagissez?  

Je n’ai jamais été abattu. Je n’ai jamais été traumatisé. Je n’ai jamais été affligé. Je ne suis pas là pour dire si je suis innocent ou si je suis coupable. Je suis là pour dire que j’ai purgé ma peine. J’ai payé ma dette. Les victimes ont été indemnisées. La justice m’a condamné et la même justice m’a libéré. Donc maintenant on pense le futur.

Quels sont vos relations aujourd’hui avec la dame qui vous a porté plainte pour viol sur mineure ?  

On ne s’est plus jamais vu depuis dix ans. Mais moi je n’éprouve pas de la haine, pas de rancune. Tout ce que je veux, c’est faire ma vie. Je suis encore jeune. J’ai envie de profiter de la vie.

Vous avez eu à négocier avec elle…

… Mais non!  On ne négocie pas en France. Je n’ai jamais négocié avec qui que ce soit. Si je négociais, je n’allais pas me présenter à la justice. Avant ce jugement définitif la justice m’avait déjà autorisé sept fois à venir au Cameroun. J’ai respecté soixante six mois de contrôle judiciaire. J’ai comparu libre à mes deux jugements en provenance du Cameroun à mon propre gré. Il n’y a pas une histoire de négociation. J’ai été jugé. La justice m’a condamné. J’ai purgé ma peine. Je me suis battu pour ressortir.

Certains pensent que vous avez payé de votre arrogance. Qu’en dites-vous?

Longuè Longuè est plutôt l’incarnation de l’humilité. Si vous êtes orgueilleux et qu’il y a un jugement où vous risquez 20 ans de prison est ce que vous y irez ? Un orgueilleux ne peut pas prendre ce risque. Il aura peur pour son image, son nom. Dès que vous êtes condamné, il y a des gens que vous n’allez jamais convaincre. Mais parce que Longuè Longuè est tellement humble, c’est pour cela qu’il est parti.

Comment votre famille a –t-elle vécu cette épisode de votre vie ?

Comme tout le monde connait mes efforts, chacun a gardé le courage. Au bout de la patience il y a le ciel. Donc chaque chose à une fin. J’ai deux enfants à Paris. J’ai bénéficié d’au moins dix permissions. Ce qui est rare. J’allais les voir pendant les permissions. Finalement j’ai fais la prison à quel moment dans cette affaire? Puisque j’étais toujours dehors à Paris. J’ai enregistré des albums. J’ai tourné des clips.

L-artiste-Longue-Longue--.jpgQuand on suit vos interventions, vous louez le seigneur au début de vos propos. Est-ce à dire que la foi de Longuè Longuè a grandi en prison ?

Oui, ma foi a grandi. Si je ne croyais pas en Dieu, si je n’avais pas la crainte de Dieu, je ne partais pas. Je suis parti parce que je crains Dieu.

Que devient votre carrière musicale ?

Beaucoup de chansons. Là j’ai fais un maxi single qui va sortir. Il est composé de quatre titres. Mais je prépare un album. Il faut que le public savoure déjà le dernier album qui est sur le marché. Je l’ai préparé en prison avec un moral d’acier. C’est du jamais vu. Même Rohff ou Booba ne peuvent pas le faire. Ce sont des artistes qui ont déjà été incarcérés. Mon album parle du quotidien. Quand vous commencez à vous battre dans la vie les gens ne sont jamais là. Après, lorsque ça porte des fruits, vous recevez des donneurs de leçons..

La prison vous a -t-elle donné une nouvelle source d’inspiration ?

Bien sûre. Longuè Longuè est devenu plus intelligent. Longuè Longuè parle encore plus bien qu’avant. Il est plus respectueux. Tout ce que vous voyez de Longuè Longuè maintenant est positif. La prison m’a changé en bien. Les autres albums se portent bien. La chanson « Mandela leur a pardonné » a été composé en prison.

Un nouveau surnom après votre sortie de prison?

Oui, c’est le grand vocaliste.

Nous avons appris que vous serez le parrain du prochain concours de la chanson  Mützig Star …

 Je suis lauréat du concours Mützig Star à l’an 2000. Cette fois-ci je serai le parrain, le coach, le président du jury. Et je serai aussi présenté comme la mascotte dudit concours. Celui qui gagnera le concours cette année va émerger tant au niveau national qu’international. Parce que tous ceux qui ont gagné auparavant, malgré tous les moyens mis, n’ont pas émergé. Je vais apporter ma touche au niveau du texte avec beaucoup de thématiques, au niveau du rythme et des mélodies.

Vous donnez une conférence de presse mercredi (21 janvier 2015) à Douala. De quoi va-t-il s’agir ?

Oui, mercredi au Castel Hall. C’est juste une communion avec mes frères journalistes, question de partager un bout.

Des projets ?

Mon projet c’est de relancer l’album et profiter de la vie d’abord.

Propos recueillis par Mathias Mouendé Ngamo

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 11:34

Nécrologie. Le journaliste en service dans la chaine de télévision à capitaux privés Canal2 International est décédé samedi 17 janvier 2015.

 

Javis-Nana-de-son-vivant-copie-1.jpgLes téléspectateurs de la chaine de télévision à capitaux privés Canal2 International n’auront plus l’occasion de voir Javis Nana dans leur petit écran. Ils avaient pour habitude de le retrouver tous les matins (du lundi au vendredi) dans le cadre de la revue de presse dans l’émission matinale « Canal Matin ». Lors de sa dernière apparition à l’écran vendredi 16 janvier 2015 aux côté de Soflane Kégné sur le plateau de Douala, Javis Nana avait donné rendez-vous pour dimanche (18 janvier, ndlr) dans le cadre de l’émission « L’arène » qu’il allait présenter en direct de Yaoundé. Un rendez-vous que le journaliste n’a malheureusement pas pu honorer. Il a été arraché à la vie la veille, samedi 17 janvier 2015. Les informations recueillis font état de ce que le journaliste a ressenti un malaise et a été aussitôt conduit aux urgences du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Yaoundé. Il n’en sortira pas vivant.       

Le programme des obsèques n’a pas encore été fixé, mais la grande famille « médiatique » du reporter de Canal2 International ressent déjà un grand vide. Le climat n’est pas serein à la direction générale de la télévision au quartier Akwa à Douala depuis l’annonce de cette disparition, a -t-on appris. « Personne n’a le cœur à l’ouvrage. Il a fallu que je sois forte pour présenter le journal de 20h samedi. J’ai eu la chair de poule quand j’ai revu son box à la rédaction. Il y a des collègues qui ne croient toujours pas que Javis Nana soit décédé », confie Lile Piedjou, journaliste à Canal2 International. Une minute de silence a été observée en mémoire du journaliste lors de la deuxième édition de la « journée sportive ». Il s’agit d’un programme de détente du personnel de la chaine de télévision enregistré au Parcours Vita et diffusé en direct sur les antennes. 

« Au Parcours Vita, tout le personnel avait un bandeau noir en signe d’hommage à Javis », témoigne un animateur. Les collègues et proches du disparu disent garder en mémoire ce sourire et cette joie de vivre qui se lisait sur le visage de Javis Nana. Agé de 35 ans, le journaliste avait une formation de juriste. Il faisait partie des effectifs de Canal2 International depuis le 20 août 2011. Il a été le chef du service politique de la radio Magic FM à Yaoundé, pendant huit ans (de 2003 à 2011). Il était aussi connu comme membre actif de l'Association des journalistes politiques du Cameroun.

Mathias Mouendé Ngamo

 

 

 

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 17:08

 

Portrait. L’écrivaine camerounaise, Prix Femina 2013, a toujours entretenu le mystère autour de sa vie d’enfant et d’adolescente au Cameroun.  

 

Leonora-Miano.jpgSon prénom a une résonnance italienne. Mais Léonora Miano est bel et bien camerounaise. Même si des compatriotes n’en savent pas assez de sa vie au pays. Mystérieuse ou discrète? C’est que Leonora Miano n’aime pas beaucoup parler d’elle. Elle est de ces écrivains qui estiment qu’il faut rencontrer les auteurs dans leurs livres. Dans son propre site internet, www.leonoramiano.com, seules deux phrases sont consacrées à sa vie au Cameroun. On peut y lire dans la rubrique biographie : « Léonora Miano est née en 1973 à Douala, au Cameroun. C'est dans cette ville qu'elle passe son enfance et son adolescence, avant de s'envoler pour la France en 1991, afin d'y entamer des études universitaires ». L’essentiel du texte est dédié à son travail, ses thématiques, ses prix. Des membres de la famille de l’écrivaine rechignent un peu à se prononcer sur la vie de Léonora. Après quelques minutes de discussion, ils renvoient le reporter vers la maison d’édition Grasset en France, pour plus d’informations. Au fil des échanges avec des amis de la famille et des proches, le reporter a pu reconstituer le parcours de l’écrivaine au Cameroun.

De son vrai nom Clarisse Eléonore Ndondongui, Léonora Miano est né en septembre 1973 à Douala. Elle est l’ainée d’une famille de trois enfants. Sa sœur Astride est banquière en France, et Daphnée travaille dans une banque au Cameroun. La maman, Chantal Tanga, était enseignante d’anglais à l’époque. Elle sera plus tard proviseure des lycées, avant de prendre sa retraite. Le papa, Rudolph Ngalle Miano, pharmacien dès le début des 60 à Douala, est décédé le 26 avril 2009 en France. Il a été inhumé à Douala. Le grand-père paternel, Joseph William Ngalle Miano, a été administrateur de la France d’Outre mer et grand-mère paternelle était Jeanne Céline Diwouta Loth, a-t-on appris. La petite fille grandit donc dans une famille bourgeoise et prospère, à l’abri du besoin. Elle est choyée et ne manque de rien. Les siens ont un amour poussé pour la lecture. La bibliothèque de la maison est fournie. La petite Leonora y passe beaucoup de temps. « Ma fille a commencé à s’intéresser à la lecture dès l’âge de 8 ans. Tous les enfants ont des talents, mais il y en a qui ne découvrent jamais les leurs. Elle a su développer les siens. Elle a fait beaucoup de sacrifices. Elle a refusé un certain système», a indiqué la mère de l’écrivaine. Elle n’a pas souhaite en dire davantage sur l’enfance ou l’adolescence de sa fille.

A bonnes sources, on sait que Léonora Miano obtient son probatoire au lycée de New-Bell et son baccalauréat A au lycée Joss de Douala en 1991. Elle a 18 ans cette année-là, et vit depuis près de cinq ans avec sa maman. Le divorce entre ses parents (qui ont célébré leur mariage en France en 1971, ndlr) est intervenu plus tôt, en 1985. Leonora s’envole pour la France pour y poursuivre ses études universitaires. Un ami de la famille Miano relève que son intégration n’a pas été facile en Europe. « Elle a confié avoir vécu chez des gens et que ça ne s’est pas bien passé là-bas. Elle a presqu’été mise à la porte. C’est à cette période là qu’elle a conçu son premier enfant. Elle a beaucoup déprimé», indique notre source. Une partie de la vie de l’écrivaine, dont elle n’aimerait pas évoqué sans doute. De toute vraisemblance, « Léonora Miano n’aime pas les sujets très personnels. Lorsque vous les abordez, elle se referme dans sa coquille », témoigne Florian Ngimbis, blogueur et jeune auteur camerounais. Il a rencontré Leonora Miano en 2008 à Muret en France, lorsqu’il recevait le Prix du jeune écrivain francophone. Léonora Miano avait été choisie pour être sa marraine. Pendant une semaine passée avec sa marraine en France, Florian Ngimbis dit avoir découvert quelqu’un qui n’a pas sa langue dans la poche. «C’est quelqu’un de facile. Elle est réservée, toujours un peu en retrait, entrain d’observer. Elle n’aime pas trop se mettre en avant. Mais du point de vue du travail, elle conseille beaucoup et te fait progresser», affirme Florian Ngimbis. 

Léonora Miano réside en France depuis 1991, mais effectue des voyages au Cameroun. « Elle rend visite à sa maman. Elle évite beaucoup sa famille paternelle », indique un proche. A l’occasion d’un de ses déplacements pour son pays natal il y a six ans, l’écrivaine s’est rendue au lycée de New-Bell à Douala, où elle a obtenu son probatoire. « Elle est arrivée sans tambours ni trompette, dans une voiture banale, accompagnée d’une dame. Pas de maquillage, à peine un peu de Gloss sur ses lèvres. Nous étions peu à la connaitre au lycée », se souvient une enseignante de Lettres. Elle indique que ce jour-là, Léonora Miano a échangé pendant trois heures avec les enseignants et les élèves au cours d’une conférence, loin des caméras.

Les uns et les autres ont constaté que Léonora Miano a un léger bégaiement. Pendant l’échange, les participants ont appris que l’écrivaine ne fume pas, ne consomme pas d’alcool. Qu’elle a été une enfant studieuse, choyée, qui n’a repris aucune classe. « Elle a dit que petite, elle s’enfermait pendant des heures pour écrire des poèmes, alors que d’autres enfants jouaient. Elle était rêveuse. Maman corrigeait les textes de sa fille, sans savoir qu’un jour ils serraient publiés », se rappelle l’enseignante du lycée de New-Bell. Quand les élèves du club journal ont posé des questions un peu très personnelles, comme d’habitude, Leonora est rentrée dans sa coquille. « Peut-on revenir à l’essentiel, c'est-à-dire à mon œuvre, L’intérieur de la nuit », a-t-elle exhorté. (Ce livre est au programme des classes de 2nde au Cameroun depuis trois ans. Il a été traduit en plusieurs langues. Elle a reçu des prix avec cette œuvre. Elle a un autre livre qui a été programmé dans les lycées de France, a –t-on appris).

L’écrivaine avait à une autre occasion qualifiée la presse camerounaise « d’agressive », après que des journalistes lui avaient posé des questions « personnelles ». «Elle était venue au Cameroun assister à l’inhumation de son papa à Douala. Même ce jour-là, elle était toujours un peu en retrait », se rappelle un ami des Miano. La jeune écrivaine était sans doute sous le joug de l’émotion. Me Jean-Paul Ngalle Miano, avocat à Douala, décrit sa nièce comme  quelqu’un de très originale avec un caractère de révoltée, une personnalité iconoclaste, des propos justes. « Elle a rendu un hommage à son papa lors d’un concert dans une église en France avec des musiciens de Jazz, un trompettiste américain et l’artiste camerounais Douleur. Le ministre camerounais Grégoire Owona était présent. Il n’y a pas eu de témoignages. Elle voulait rendre un hommage en musique, puisque son papa aimait la musique », a indiqué Me Jean-Paul Ngalle Miano. Léonora est aussi mélomane. Elle écrit des chansons, mais davantage des romans. Il y a quelques mois, elle a reçu le Prix Femina 2013 avec son septième livre intitulé « La saison de l’ombre ».  

Mathias Mouendé Ngamo 

 

 

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 17:25

Musique. En prélude à la sortie de son premier album, la journaliste a offert un showcase à Douala dimanche 23 novembre 2014.

 

Douala--23-novembre-2014.-Adeline-Tchouakak-sur-scene-.jpgEn découvrant sur les réseaux sociaux l’affiche annonçant le showcase de la journaliste Adeline Tchouakak, nombre de ses amis, confrères et artistes n’en croyaient pas leurs yeux. Pourtant, le chef desk culture du quotidien à capitaux privés Le Messager était bien en programmation sur une scène aménagée dans un restaurant de Douala, pour livrer au public quelques chansons de son premier album « en chantier », selon elle. Les plus curieux ont donc effectué le déplacement le dimanche 23 novembre 2014, pour en avoir le cœur net. Ils ont découvert la journaliste, loin des ordinateurs de la rédaction. Le stylo qu’elle tient quotidiennement en main pour la prise de notes, elle l’a délaissé pour un microphone. La jeune fille a laissé dans les armoires les jeans et autres t-shirts qu’elle arbore souvent pour se rendre en terrain de reportage.

Ce soir, Adeline Tchouakak se glisse sous une robe aux couleurs noire, jaune et blanche. A l’interprétation des symboles, on pense aussitôt à la pureté, l’espoir, l’amour. Elle qui aime bien déplorer, à travers ses écrits et commentaires, le fait que certains artistes n’aiment pas valoriser les tenues traditionnelles de chez eux, n’a pas fait l’exception. Le reporter a cependant appris en fin de prestation, que la jeune chanteuse avait effectivement commandé une tenue de scène conforme à « sa » règle, mais sa couturière n’a pas pu respecter les délais de livraison. Adeline Tchouakak fait son entrée sur scène ce dimanche autour de 18h. Elle est sous l’émotion de ses premières apparitions publiques, ce à quoi s’ajoute le stress des préparatifs.

Tradition et modernité

Douala--le-23-novembre-2014.-Adeline-Tchouakak-sur-scene-jpgElle affiche le sourire, ravie de voir la salle comble. Elle pose les premières notes vocales de sa carrière de chanteuse. Elle chante juste. Les musiciens qui l’accompagnent jouent en harmonie. Ils s’y donnent à cœur joie. Il arrive même des fois que la voix de l’artiste se noie dans cette envolée rythmique. La musique captive, la tonalité de la chanteuse aussi. Mais les mélomanes qui prêtent une oreille attentive ont un peu de la peine à déchiffrer tout le message délivré. L’artiste chante certes en plusieurs langues locales, mais quelquefois elle articule mal la voix. Elle y met du cœur, mais ne fait pas encore entièrement corps avec son œuvre. Ce soir, Adeline Tchouakak propose un registre Gospel, tout en restant très attachée à la tradition et en demeurant citoyenne du monde. « Je fais du Gospel avec les pieds dans ma tradition et la tête dans le monde », explique-t-elle. A la fin de la soirée, des invités gagnent la scène pour esquisser quelques pas de ben-skin avec la journaliste, sous sa caquette de chanteuse.   

Mathias Mouendé Ngamo

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 15:42

Médias.Le délai de soumission des candidatures pour l’édition 2014 du concours du journalisme contre l’impunité en Afrique est fixé au 12 novembre.

 

Et revoici le prix Bibi Ngota. La troisième édition du concours du journalisme contre l’impunité en Afrique connaitra ses lauréats le 8 décembre 2014 à Douala. Le dépôt des candidatures reste cependant ouvert jusqu’au 12 novembre. D’après les membres du comité d’organisation, le prix qui revêt une dimension panafricaine et bilingue (français et anglais), couronne une pièce journalistique faite pour la presse, la radio, la télévision ou Internet sur un pays africain, par un journaliste basé en Afrique et publié entre le 12 novembre 2013 et le 12 novembre 2014. L’article soumis au concours doit traiter de l’impunité dans les aspects juridique, militaire, politique, économique, environnemental, sociétal, des genres et autres.

Les articles sont soumis à l’adresse bibingota@tribunalarticle53.com. Le lauréat du premier prix recevra une enveloppe d’1 million de F. Cfa. 300 000 F. Cfa sont prévus pour le lauréat du deuxième prix. La mention spéciale du jury s’élève à 200 000 F. Cfa. Selon le communiqué signé de Patrice Nganang, secrétaire du prix Bibi Ngota et Gérard Kuissi Mephou, coordinateur national du Tribunal article 53, l’organisation de la société civile qui organise le concours, « le prix dorénavant biannuel qui célèbre le travail journalistique d’excellence et de courage est institué en la mémoire du journaliste Bibi Ngota mort en incarcération en 2010 ». L’édition 2014 du concours est financée par le ministère allemand des relations extérieures.

Mathias Mouendé Ngamo

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 12:32

Douala. L’affrontement entamé dans un snack-bar au quartier Mambanda s’est achevé à l’hôpital de district de Bonassama, dimanche 26 octobre 2014.  

 

Une bagarre qui opposait militaires et « gros bras » dans un snack-bar au quartier Mambanda à Bonabéri a terminé en affrontement entre les deux camps à l’hôpital de district de Bonassama, où les blessés ont été conduits. Selon les infirmiers de garde dans la nuit du samedi au dimanche 26 octobre 2014, tout a commencé lorsque deux des militaires blessés ont été admis dans la formation sanitaire vers 1h. Un des hommes en tenue présentait un traumatisme crânien. Il a été interné dans le bloc Petite chirurgie et soins intensifs (Pcsi). Son compagnon d’arme, blessé au bras, patientait à l’extérieur de la salle. Il y a été rejoint par un groupe de cinq « gros bras » qui transportaient les siens, blessés.

Armés de machettes et de couteaux, les jeunes hommes ont voulu en découdre avec le militaire. Il a pris la fuite. « Il s’est caché dans le bureau du Major du bloc opératoire. Il y a saccagé des choses en essayant de grimper au plafond. Les autres militaires barricadaient l’entrée du bloc Petite chirurgie et soins intensifs», raconte un infirmier de garde. Les « gros bras » sont repartis avec leurs blessés. Les infirmiers indiquent que les malades, pris de peur, se sont enfermés dans les salles pendant les troubles. Les policiers du commissariat central n°3 et les gendarmes de la brigade territoriale de Bonaberi 1, établis à une dizaine de mètres de l’hôpital, ont été alerté par les vigiles. Ils ne descendront sur les lieux qu’autour de 4h30, bien après le départ des gros bras.

« Le matériel qu’on a emprunté à la pharmacie de l’hôpital pour prendre soin des militaires n’a pas été payé. Les militaires ont plutôt menacé les infirmiers lorsque ceux-ci ont demandé qu’ils aillent acheter des gants », confie une source à l’hôpital de district de Bonassama. Le reporter a appris que le chef d’escadron des militaires est arrivé lundi 27 octobre autour de 6h30, à bord d’une ambulance. Il a signé une reconnaissance de dette pour le matériel médical utilisé. Il a ensuite conduit les hommes en tenue à l’hôpital militaire de région n°2, à Bonanjo.

Des habitants du quartier Mambanda indiquent que la bagarre a débuté dans un snack-bar samedi soir, où des militaires en tenue consommaient de la bière. Un des hommes en tenue a invité une jeune fille à danser avec lui. Celle-ci s’y est opposée et l’a repoussé. Les « gros bras » qui assurent la sécurité dans le débit de boissons sont allés à la rescousse de la dame, lorsque le militaire a voulu s’en prendre à elle, a –t-on appris.

Mathias Mouendé Ngamo

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