Mercredi 21 janvier 2015 3 21 /01 /Jan /2015 11:34

L’artiste musicien parle de ses premiers jours de liberté au Cameroun. Il revient sur les conditions de sa libération en France, sa vie en prison, son état d’esprit actuel et ses projets.    

L-artiste-Longue-Longue-jpgComment avez-vous apprécié votre accueil au pays?

Il était fantastique, magnifique. Le public a répondu présent. Les fans étaient là. Mes partenaires ont vraiment bossé pour que tout se passe bien. Avec mon public, nous sommes allés à Pk12. Il y avait un grand podium installé par les Brasseries du Cameroun. On a fait la fête toute la soirée avec des collègues artistes. Il y avait Fingon Tralala, Petit Piment et bien d’autres.

Comment vivez-vous vos premiers jours de liberté au Cameroun ?

Je suis fatigué. Mais je n’ai pas tardé pour aller dans les coins chauds, voir un peu comment ça se passe. J’en avais vraiment envie. J’étais à Deïdo pour manger du bon poisson braisé. Ça m’a manqué en prison. Là bas il n’y avait que les crèmes fraiches, alimenta râpé. Je suis aussi allé en boite. J’ai visité quelques snacks. Maintenant je me mets déjà au travail. Je fais déjà la ronde des médias. J’ai commencé à faire la ronde des gens qui me font travailler.

Comment s’est passée votre vie en prison ? Quelles étaient les conditions de votre incarcération ?

En prison on n’a pas 20/20 hein. C’est la prison quand même ! Vous y trouvez des gens qui sont là pour séquestration. Ceux qui sont là pour meurtre. Vous y trouvez des gens qui sont là pour des vrais délits, qui sont des vrais criminels, des vrais démons. Ma vie en prison a été très difficile, puisque je n’acceptais pas. Je n’ai jamais accepté faire ma vie en prison. Donc c’était les pleurs tous les jours. Je passais mon temps à appeler. S’il y a quelque chose qui m’a ruiné en prison, c’est le téléphone. J’appelais matin, midi et soir parce que je voulais toujours être en communication avec le dehors. J’appelais tout le monde. Si vous vous renseignez autour de vous, on vous le confirmera. C’est parce que je n’avais pas votre numéro de téléphone. Je vous aurais appelé. Au début, il y avait quelques embrouilles avec certains détenus. Mais tout s’est arrangé après. Ce qu’on me reprochait n’était pas très apprécié par ces grands voyous. Les vrais juges ce ne sont pas les magistrats, ce sont ces voyous-là. Quand vous arrivez, ils connaissent le problème qui vous y a conduit. Ils vont vous rejuger. Je me suis embrouillé plusieurs fois avec eux. Après j’ai aussi porté la casquette de prisonnier pour m’en sortir.

Vos appels téléphoniques ont –t-ils obtenu des réponses favorables ?

Le gouvernement camerounais m’a aidé financièrement. Je remercie le secrétaire général à la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. Sans oublier d’autres Camerounais comme monsieur Gouchengué de Congelcam, le colonel Jesus Edu Moto, le chef d’état major du président Teodoro Obiang Nguema. Je remercie le numéro 9 Samuel Eto’o, le fidèle, le Record man, le père Térésa. Je remercie aussi mon producteur.

La prison a –t-elle fait de vous un homme nouveau ?

Je suis un homme plus que nouveau. Je vais mieux qu’avant. J’ai rajeuni. Je suis devenu plus beau. Je m’exprime mieux. Je suis devenu plus intelligent, humble, plus respectueux. Et je suis devenu un homme foiré. Ce n’est plus le richissime Lonhkanamania que vous avez connu. Il y a eu beaucoup de changements dans ma vie. Je demande donc aux Camerounais d’en profiter, de faire de moi ce qu’ils veulent. De m’inviter chez eux manger du ‘’Eru’’. J’ai mangé du taro avec de la sauce jaune hier (dimanche 18 janvier 2015, ndlr) c’était délicieux.

L-artiste-Longue-Longue-.jpgEst-ce que le Longuè Longuè « Grande gueule » qu’on a connu le demeurera ?

Non. C’est maintenant petite gueule. La grande gueule est partie parce que je réserve tout maintenant dans mes chansons. ‘’Les blancs croyaient qu’après avoir libéré Mandela, il se vengerait de ceux qui l’ont condamné/Mais Mandela leur a pardonné (X2)/Pardonner à son ennemi n’est pas synonyme de faiblesse (X2) (chant).

Vous citez beaucoup Samuel Eto’o que vous ne cessez de remercier. Pourquoi ?

Le public sait que Samuel Eto’o m’a toujours soutenu. Depuis le début de cette affaire, Samuel Eto’o ne m’a jamais abandonné. Il m’a toujours soutenu moralement, physiquement, financièrement. Voila pourquoi je n’hésite pas à le citer dans mes chansons. Il a payé ma caution en 2011 pour qu’on me libère. Il m’a beaucoup aidé.

Une de vos premières phrases à votre arrivée à l’aéroport disait ‘’je pardonne à ces gens-là… ‘’ A qui faites-vous allusion ?

… C’est Mandela qui a pardonné à ces Anglais. Il est l’incarnation du pardon. Ce n’est pas une affaire de Longuè Longuè seul. Je dis bien toi opposant qui vient de conquérir le pouvoir es-tu prêt à pardonner à tes prédécesseurs quoiqu’ils aient fait ? Parce que la plupart du temps, ceux qui prennent le pouvoir viennent plutôt chasser ceux qui étaient là avant. C’est ce qui crée des guerres civiles et des innocents meurent. Alors qu’on peut pardonner pour avancer et laisser la paix. Quand je parle de pardonner à ces gens-là, je fais allusion à tout le monde. Il n’y a pas que les gens avec qui j’ai eu des problèmes en France. On doit promouvoir le pardon. C’est ça le discours. Si je suis allé me présenter à la justice, c’est une sorte de pardon.

Aujourd’hui vous êtes entièrement libre. Qu’est ce qui a concouru à votre relaxe ?

J’ai fourni des efforts. J’ai travaillé. J’ai présenté des garanties de réinsertions. Là bas, il faut travailler. J’ai eu une libération conditionnelle avec expulsion vers le Cameroun. Nous sommes passés aux débats contradictoires le 20 octobre et le juge d’application a dit que monsieur Longkana présente des garantis de réinsertion.

Au début de cette affaire vous avez clamé votre innocence. Avez-vous maintenu le même discours ?

Bien sûre, j’ai toujours clamé mon innocence mais je ne contexte pas la décision de justice. Si le procureur a fait appel, c’est d’ailleurs parce qu’elle a vu que je n’ai pas avancé sur ma position. Ma position est toujours la même. Je clame toujours mon innocence.

Lorsque cette affaire éclate, comment vous réagissez?  

Je n’ai jamais été abattu. Je n’ai jamais été traumatisé. Je n’ai jamais été affligé. Je ne suis pas là pour dire si je suis innocent ou si je suis coupable. Je suis là pour dire que j’ai purgé ma peine. J’ai payé ma dette. Les victimes ont été indemnisées. La justice m’a condamné et la même justice m’a libéré. Donc maintenant on pense le futur.

Quels sont vos relations aujourd’hui avec la dame qui vous a porté plainte pour viol sur mineure ?  

On ne s’est plus jamais vu depuis dix ans. Mais moi je n’éprouve pas de la haine, pas de rancune. Tout ce que je veux, c’est faire ma vie. Je suis encore jeune. J’ai envie de profiter de la vie.

Vous avez eu à négocier avec elle…

… Mais non!  On ne négocie pas en France. Je n’ai jamais négocié avec qui que ce soit. Si je négociais, je n’allais pas me présenter à la justice. Avant ce jugement définitif la justice m’avait déjà autorisé sept fois à venir au Cameroun. J’ai respecté soixante six mois de contrôle judiciaire. J’ai comparu libre à mes deux jugements en provenance du Cameroun à mon propre gré. Il n’y a pas une histoire de négociation. J’ai été jugé. La justice m’a condamné. J’ai purgé ma peine. Je me suis battu pour ressortir.

Certains pensent que vous avez payé de votre arrogance. Qu’en dites-vous?

Longuè Longuè est plutôt l’incarnation de l’humilité. Si vous êtes orgueilleux et qu’il y a un jugement où vous risquez 20 ans de prison est ce que vous y irez ? Un orgueilleux ne peut pas prendre ce risque. Il aura peur pour son image, son nom. Dès que vous êtes condamné, il y a des gens que vous n’allez jamais convaincre. Mais parce que Longuè Longuè est tellement humble, c’est pour cela qu’il est parti.

Comment votre famille a –t-elle vécu cette épisode de votre vie ?

Comme tout le monde connait mes efforts, chacun a gardé le courage. Au bout de la patience il y a le ciel. Donc chaque chose à une fin. J’ai deux enfants à Paris. J’ai bénéficié d’au moins dix permissions. Ce qui est rare. J’allais les voir pendant les permissions. Finalement j’ai fais la prison à quel moment dans cette affaire? Puisque j’étais toujours dehors à Paris. J’ai enregistré des albums. J’ai tourné des clips.

L-artiste-Longue-Longue--.jpgQuand on suit vos interventions, vous louez le seigneur au début de vos propos. Est-ce à dire que la foi de Longuè Longuè a grandi en prison ?

Oui, ma foi a grandi. Si je ne croyais pas en Dieu, si je n’avais pas la crainte de Dieu, je ne partais pas. Je suis parti parce que je crains Dieu.

Que devient votre carrière musicale ?

Beaucoup de chansons. Là j’ai fais un maxi single qui va sortir. Il est composé de quatre titres. Mais je prépare un album. Il faut que le public savoure déjà le dernier album qui est sur le marché. Je l’ai préparé en prison avec un moral d’acier. C’est du jamais vu. Même Rohff ou Booba ne peuvent pas le faire. Ce sont des artistes qui ont déjà été incarcérés. Mon album parle du quotidien. Quand vous commencez à vous battre dans la vie les gens ne sont jamais là. Après, lorsque ça porte des fruits, vous recevez des donneurs de leçons..

La prison vous a -t-elle donné une nouvelle source d’inspiration ?

Bien sûre. Longuè Longuè est devenu plus intelligent. Longuè Longuè parle encore plus bien qu’avant. Il est plus respectueux. Tout ce que vous voyez de Longuè Longuè maintenant est positif. La prison m’a changé en bien. Les autres albums se portent bien. La chanson « Mandela leur a pardonné » a été composé en prison.

Un nouveau surnom après votre sortie de prison?

Oui, c’est le grand vocaliste.

Nous avons appris que vous serez le parrain du prochain concours de la chanson  Mützig Star …

 Je suis lauréat du concours Mützig Star à l’an 2000. Cette fois-ci je serai le parrain, le coach, le président du jury. Et je serai aussi présenté comme la mascotte dudit concours. Celui qui gagnera le concours cette année va émerger tant au niveau national qu’international. Parce que tous ceux qui ont gagné auparavant, malgré tous les moyens mis, n’ont pas émergé. Je vais apporter ma touche au niveau du texte avec beaucoup de thématiques, au niveau du rythme et des mélodies.

Vous donnez une conférence de presse mercredi (21 janvier 2015) à Douala. De quoi va-t-il s’agir ?

Oui, mercredi au Castel Hall. C’est juste une communion avec mes frères journalistes, question de partager un bout.

Des projets ?

Mon projet c’est de relancer l’album et profiter de la vie d’abord.

Propos recueillis par Mathias Mouendé Ngamo

Par Mathias Mouendé Ngamo
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Lundi 19 janvier 2015 1 19 /01 /Jan /2015 11:34

Nécrologie. Le journaliste en service dans la chaine de télévision à capitaux privés Canal2 International est décédé samedi 17 janvier 2015.

 

Javis-Nana-de-son-vivant-copie-1.jpg Les téléspectateurs de la chaine de télévision à capitaux privés Canal2 International n’auront plus l’occasion de voir Javis Nana dans leur petit écran. Ils avaient pour habitude de le retrouver tous les matins (du lundi au vendredi) dans le cadre de la revue de presse dans l’émission matinale « Canal Matin ». Lors de sa dernière apparition à l’écran vendredi 16 janvier 2015 aux côté de Soflane Kégné sur le plateau de Douala, Javis Nana avait donné rendez-vous pour dimanche (18 janvier, ndlr) dans le cadre de l’émission « L’arène » qu’il allait présenter en direct de Yaoundé. Un rendez-vous que le journaliste n’a malheureusement pas pu honorer. Il a été arraché à la vie la veille, samedi 17 janvier 2015. Les informations recueillis font état de ce que le journaliste a ressenti un malaise et a été aussitôt conduit aux urgences du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Yaoundé. Il n’en sortira pas vivant.       

Le programme des obsèques n’a pas encore été fixé, mais la grande famille « médiatique » du reporter de Canal2 International ressent déjà un grand vide. Le climat n’est pas serein à la direction générale de la télévision au quartier Akwa à Douala depuis l’annonce de cette disparition, a -t-on appris. « Personne n’a le cœur à l’ouvrage. Il a fallu que je sois forte pour présenter le journal de 20h samedi. J’ai eu la chair de poule quand j’ai revu son box à la rédaction. Il y a des collègues qui ne croient toujours pas que Javis Nana soit décédé », confie Lile Piedjou, journaliste à Canal2 International. Une minute de silence a été observée en mémoire du journaliste lors de la deuxième édition de la « journée sportive ». Il s’agit d’un programme de détente du personnel de la chaine de télévision enregistré au Parcours Vita et diffusé en direct sur les antennes. 

« Au Parcours Vita, tout le personnel avait un bandeau noir en signe d’hommage à Javis », témoigne un animateur. Les collègues et proches du disparu disent garder en mémoire ce sourire et cette joie de vivre qui se lisait sur le visage de Javis Nana. Agé de 35 ans, le journaliste avait une formation de juriste. Il faisait partie des effectifs de Canal2 International depuis le 20 août 2011. Il a été le chef du service politique de la radio Magic FM à Yaoundé, pendant huit ans (de 2003 à 2011). Il était aussi connu comme membre actif de l'Association des journalistes politiques du Cameroun.

Mathias Mouendé Ngamo

 

 

 

Par Mathias Mouendé Ngamo - Communauté : blogueur africains
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Lundi 8 décembre 2014 1 08 /12 /Déc /2014 17:08

 

Portrait. L’écrivaine camerounaise, Prix Femina 2013, a toujours entretenu le mystère autour de sa vie d’enfant et d’adolescente au Cameroun.  

 

Leonora-Miano.jpg Son prénom a une résonnance italienne. Mais Léonora Miano est bel et bien camerounaise. Même si des compatriotes n’en savent pas assez de sa vie au pays. Mystérieuse ou discrète? C’est que Leonora Miano n’aime pas beaucoup parler d’elle. Elle est de ces écrivains qui estiment qu’il faut rencontrer les auteurs dans leurs livres. Dans son propre site internet, www.leonoramiano.com, seules deux phrases sont consacrées à sa vie au Cameroun. On peut y lire dans la rubrique biographie : « Léonora Miano est née en 1973 à Douala, au Cameroun. C'est dans cette ville qu'elle passe son enfance et son adolescence, avant de s'envoler pour la France en 1991, afin d'y entamer des études universitaires ». L’essentiel du texte est dédié à son travail, ses thématiques, ses prix. Des membres de la famille de l’écrivaine rechignent un peu à se prononcer sur la vie de Léonora. Après quelques minutes de discussion, ils renvoient le reporter vers la maison d’édition Grasset en France, pour plus d’informations. Au fil des échanges avec des amis de la famille et des proches, le reporter a pu reconstituer le parcours de l’écrivaine au Cameroun.

De son vrai nom Clarisse Eléonore Ndondongui, Léonora Miano est né en septembre 1973 à Douala. Elle est l’ainée d’une famille de trois enfants. Sa sœur Astride est banquière en France, et Daphnée travaille dans une banque au Cameroun. La maman, Chantal Tanga, était enseignante d’anglais à l’époque. Elle sera plus tard proviseure des lycées, avant de prendre sa retraite. Le papa, Rudolph Ngalle Miano, pharmacien dès le début des 60 à Douala, est décédé le 26 avril 2009 en France. Il a été inhumé à Douala. Le grand-père paternel, Joseph William Ngalle Miano, a été administrateur de la France d’Outre mer et grand-mère paternelle était Jeanne Céline Diwouta Loth, a-t-on appris. La petite fille grandit donc dans une famille bourgeoise et prospère, à l’abri du besoin. Elle est choyée et ne manque de rien. Les siens ont un amour poussé pour la lecture. La bibliothèque de la maison est fournie. La petite Leonora y passe beaucoup de temps. « Ma fille a commencé à s’intéresser à la lecture dès l’âge de 8 ans. Tous les enfants ont des talents, mais il y en a qui ne découvrent jamais les leurs. Elle a su développer les siens. Elle a fait beaucoup de sacrifices. Elle a refusé un certain système», a indiqué la mère de l’écrivaine. Elle n’a pas souhaite en dire davantage sur l’enfance ou l’adolescence de sa fille.

A bonnes sources, on sait que Léonora Miano obtient son probatoire au lycée de New-Bell et son baccalauréat A au lycée Joss de Douala en 1991. Elle a 18 ans cette année-là, et vit depuis près de cinq ans avec sa maman. Le divorce entre ses parents (qui ont célébré leur mariage en France en 1971, ndlr) est intervenu plus tôt, en 1985. Leonora s’envole pour la France pour y poursuivre ses études universitaires. Un ami de la famille Miano relève que son intégration n’a pas été facile en Europe. « Elle a confié avoir vécu chez des gens et que ça ne s’est pas bien passé là-bas. Elle a presqu’été mise à la porte. C’est à cette période là qu’elle a conçu son premier enfant. Elle a beaucoup déprimé», indique notre source. Une partie de la vie de l’écrivaine, dont elle n’aimerait pas évoqué sans doute. De toute vraisemblance, « Léonora Miano n’aime pas les sujets très personnels. Lorsque vous les abordez, elle se referme dans sa coquille », témoigne Florian Ngimbis, blogueur et jeune auteur camerounais. Il a rencontré Leonora Miano en 2008 à Muret en France, lorsqu’il recevait le Prix du jeune écrivain francophone. Léonora Miano avait été choisie pour être sa marraine. Pendant une semaine passée avec sa marraine en France, Florian Ngimbis dit avoir découvert quelqu’un qui n’a pas sa langue dans la poche. «C’est quelqu’un de facile. Elle est réservée, toujours un peu en retrait, entrain d’observer. Elle n’aime pas trop se mettre en avant. Mais du point de vue du travail, elle conseille beaucoup et te fait progresser», affirme Florian Ngimbis. 

Léonora Miano réside en France depuis 1991, mais effectue des voyages au Cameroun. « Elle rend visite à sa maman. Elle évite beaucoup sa famille paternelle », indique un proche. A l’occasion d’un de ses déplacements pour son pays natal il y a six ans, l’écrivaine s’est rendue au lycée de New-Bell à Douala, où elle a obtenu son probatoire. « Elle est arrivée sans tambours ni trompette, dans une voiture banale, accompagnée d’une dame. Pas de maquillage, à peine un peu de Gloss sur ses lèvres. Nous étions peu à la connaitre au lycée », se souvient une enseignante de Lettres. Elle indique que ce jour-là, Léonora Miano a échangé pendant trois heures avec les enseignants et les élèves au cours d’une conférence, loin des caméras.

Les uns et les autres ont constaté que Léonora Miano a un léger bégaiement. Pendant l’échange, les participants ont appris que l’écrivaine ne fume pas, ne consomme pas d’alcool. Qu’elle a été une enfant studieuse, choyée, qui n’a repris aucune classe. « Elle a dit que petite, elle s’enfermait pendant des heures pour écrire des poèmes, alors que d’autres enfants jouaient. Elle était rêveuse. Maman corrigeait les textes de sa fille, sans savoir qu’un jour ils serraient publiés », se rappelle l’enseignante du lycée de New-Bell. Quand les élèves du club journal ont posé des questions un peu très personnelles, comme d’habitude, Leonora est rentrée dans sa coquille. « Peut-on revenir à l’essentiel, c'est-à-dire à mon œuvre, L’intérieur de la nuit », a-t-elle exhorté. (Ce livre est au programme des classes de 2nde au Cameroun depuis trois ans. Il a été traduit en plusieurs langues. Elle a reçu des prix avec cette œuvre. Elle a un autre livre qui a été programmé dans les lycées de France, a –t-on appris).

L’écrivaine avait à une autre occasion qualifiée la presse camerounaise « d’agressive », après que des journalistes lui avaient posé des questions « personnelles ». «Elle était venue au Cameroun assister à l’inhumation de son papa à Douala. Même ce jour-là, elle était toujours un peu en retrait », se rappelle un ami des Miano. La jeune écrivaine était sans doute sous le joug de l’émotion. Me Jean-Paul Ngalle Miano, avocat à Douala, décrit sa nièce comme  quelqu’un de très originale avec un caractère de révoltée, une personnalité iconoclaste, des propos justes. « Elle a rendu un hommage à son papa lors d’un concert dans une église en France avec des musiciens de Jazz, un trompettiste américain et l’artiste camerounais Douleur. Le ministre camerounais Grégoire Owona était présent. Il n’y a pas eu de témoignages. Elle voulait rendre un hommage en musique, puisque son papa aimait la musique », a indiqué Me Jean-Paul Ngalle Miano. Léonora est aussi mélomane. Elle écrit des chansons, mais davantage des romans. Il y a quelques mois, elle a reçu le Prix Femina 2013 avec son septième livre intitulé « La saison de l’ombre ».  

Mathias Mouendé Ngamo 

 

 

Par Mathias Mouendé Ngamo - Communauté : Vos blogs
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Jeudi 27 novembre 2014 4 27 /11 /Nov /2014 17:25

Musique. En prélude à la sortie de son premier album, la journaliste a offert un showcase à Douala dimanche 23 novembre 2014.

 

Douala--23-novembre-2014.-Adeline-Tchouakak-sur-scene-.jpgEn découvrant sur les réseaux sociaux l’affiche annonçant le showcase de la journaliste Adeline Tchouakak, nombre de ses amis, confrères et artistes n’en croyaient pas leurs yeux. Pourtant, le chef desk culture du quotidien à capitaux privés Le Messager était bien en programmation sur une scène aménagée dans un restaurant de Douala, pour livrer au public quelques chansons de son premier album « en chantier », selon elle. Les plus curieux ont donc effectué le déplacement le dimanche 23 novembre 2014, pour en avoir le cœur net. Ils ont découvert la journaliste, loin des ordinateurs de la rédaction. Le stylo qu’elle tient quotidiennement en main pour la prise de notes, elle l’a délaissé pour un microphone. La jeune fille a laissé dans les armoires les jeans et autres t-shirts qu’elle arbore souvent pour se rendre en terrain de reportage.

Ce soir, Adeline Tchouakak se glisse sous une robe aux couleurs noire, jaune et blanche. A l’interprétation des symboles, on pense aussitôt à la pureté, l’espoir, l’amour. Elle qui aime bien déplorer, à travers ses écrits et commentaires, le fait que certains artistes n’aiment pas valoriser les tenues traditionnelles de chez eux, n’a pas fait l’exception. Le reporter a cependant appris en fin de prestation, que la jeune chanteuse avait effectivement commandé une tenue de scène conforme à « sa » règle, mais sa couturière n’a pas pu respecter les délais de livraison. Adeline Tchouakak fait son entrée sur scène ce dimanche autour de 18h. Elle est sous l’émotion de ses premières apparitions publiques, ce à quoi s’ajoute le stress des préparatifs.

Tradition et modernité

Douala--le-23-novembre-2014.-Adeline-Tchouakak-sur-scene-jpgElle affiche le sourire, ravie de voir la salle comble. Elle pose les premières notes vocales de sa carrière de chanteuse. Elle chante juste. Les musiciens qui l’accompagnent jouent en harmonie. Ils s’y donnent à cœur joie. Il arrive même des fois que la voix de l’artiste se noie dans cette envolée rythmique. La musique captive, la tonalité de la chanteuse aussi. Mais les mélomanes qui prêtent une oreille attentive ont un peu de la peine à déchiffrer tout le message délivré. L’artiste chante certes en plusieurs langues locales, mais quelquefois elle articule mal la voix. Elle y met du cœur, mais ne fait pas encore entièrement corps avec son œuvre. Ce soir, Adeline Tchouakak propose un registre Gospel, tout en restant très attachée à la tradition et en demeurant citoyenne du monde. « Je fais du Gospel avec les pieds dans ma tradition et la tête dans le monde », explique-t-elle. A la fin de la soirée, des invités gagnent la scène pour esquisser quelques pas de ben-skin avec la journaliste, sous sa caquette de chanteuse.   

Mathias Mouendé Ngamo

Par Mathias Mouendé Ngamo - Communauté : blogueur africains
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Mercredi 12 novembre 2014 3 12 /11 /Nov /2014 15:42

Médias.Le délai de soumission des candidatures pour l’édition 2014 du concours du journalisme contre l’impunité en Afrique est fixé au 12 novembre.

 

Et revoici le prix Bibi Ngota. La troisième édition du concours du journalisme contre l’impunité en Afrique connaitra ses lauréats le 8 décembre 2014 à Douala. Le dépôt des candidatures reste cependant ouvert jusqu’au 12 novembre. D’après les membres du comité d’organisation, le prix qui revêt une dimension panafricaine et bilingue (français et anglais), couronne une pièce journalistique faite pour la presse, la radio, la télévision ou Internet sur un pays africain, par un journaliste basé en Afrique et publié entre le 12 novembre 2013 et le 12 novembre 2014. L’article soumis au concours doit traiter de l’impunité dans les aspects juridique, militaire, politique, économique, environnemental, sociétal, des genres et autres.

Les articles sont soumis à l’adresse bibingota@tribunalarticle53.com. Le lauréat du premier prix recevra une enveloppe d’1 million de F. Cfa. 300 000 F. Cfa sont prévus pour le lauréat du deuxième prix. La mention spéciale du jury s’élève à 200 000 F. Cfa. Selon le communiqué signé de Patrice Nganang, secrétaire du prix Bibi Ngota et Gérard Kuissi Mephou, coordinateur national du Tribunal article 53, l’organisation de la société civile qui organise le concours, « le prix dorénavant biannuel qui célèbre le travail journalistique d’excellence et de courage est institué en la mémoire du journaliste Bibi Ngota mort en incarcération en 2010 ». L’édition 2014 du concours est financée par le ministère allemand des relations extérieures.

Mathias Mouendé Ngamo

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