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Grève dans les hôpitaux publics: Les malades paient le prix fort

Les patients déplorent aussi la lenteur dans les services depuis le début de la grève du personnel médico-sanitaire.

Deux dames du service d’entretien sont assises devant le bâtiment abritant l’axe « Accueil, urgence, réanimation» de l’hôpital Laquintinie de Douala au Cameroun ce mercredi 03 juin 2015. Il est environ 11h30. Elles discutent. A la salle d’accueil, il n’y a personne à la guérite. Le caissier aussi n’est pas en poste. La salle d’attente est pleine à craquer. Le contrôle pour l’accès aux urgences n’est pas strict comme à l’accoutumée. Un vigile est en poste, mais on se retrouve facilement dans la salle des soins. Ici, trois accidentés sont étalés sur des brancards au sol. D’autres victimes sont dans les chambres. Un médecin assisté de jeunes infirmiers en stage s’occupent d’une des victimes. Au fond de la salle, un autre patient se tord de douleurs. « Donnez au moins des antalgiques à ce monsieur-là. Il souffre », supplie une infirmière stagiaire à son collègue. « On l’a déjà fait des injections n’est ce pas ? », rétorque –t-il. Non, insiste la jeune fille en blouse blanche. Mais rien n’y fait. Le patient qui présente une blessure sur le pied droit devra attendre. Il halète.

Trois femmes vêtues de « kaba » sont en pleurs. Un de leurs proches admis aux urgences vient de rendre l’âme. «Il y a une dizaine de patients. Personne ne peut vous répondre actuellement. On est débordé. On n’a pas assez de personnel. On a réduit au strict minimum. Si les choses trainent, on risque avoir du retard dans les traitements et nous seront obligés de transférer des patients vers d’autres formations hospitalières », prévient un responsable des urgences. Pour Marie Ngami, le service se fait déjà au ralenti depuis lundi 1er juin, jour du début de la grève du personnel médico-sanitaire. La quinquagénaire indique qu’elle a patienté plus de deux heures pour obtenir les résultats des examens de sa fille de 29 ans.

Les cas urgents

Le reporter a appris que les consultations ne se font plus dans le service « Ophtalmologie» de l’hôpital depuis lundi, à l’ exception des cas urgents. « Les patients qui ne sont pas dans une situation d’urgence, on les renvoie à la maison. S’ils sont fâchés, on les demande d’aller voir à la direction de l’hôpital », confie un médecin. La dame qui n’arbore pas de blouse blanche ce mercredi sert de guide à l’un de ses proches venu effectuer un scanner. Au service « Echographie », on déplore aussi des lenteurs dans les prestations. « Des femmes enceintes ont patienté plusieurs heures sur place hier (mardi) avant d’être reçues », relève un infirmier qui prend part à la grève entamée depuis lundi 1er juin 2015. Ce mercredi 03 juin, le personnel médico-sanitaire de Laquintinie a en effet poursuivi la manifestation. Postés non loin du portail à l’intérieur de l’hôpital, ils ont entonné plusieurs fois l’hymne syndicale. Des pancartes étalées à même le sol racontent l’essentiel de leurs revendications qui tournent tout autour des meilleures conditions de travail.

Mathias Mouendé Ngamo

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