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Hôpital Laquintinie de Douala, le 1er juin 2015. Les grévistes debouts devant des pancartes étalés au sol. Crédit photo: Mathias Mouendé Ngamo
Hôpital Laquintinie de Douala, le 1er juin 2015. Les grévistes debouts devant des pancartes étalés au sol. Crédit photo: Mathias Mouendé Ngamo

Douala. Ils ont érigé des pancartes pour revendiquer une fois de plus de meilleures conditions de travail.

Des hommes et femmes vêtus de blouses blanches et bleues chantent à haute voix. Une soixantaine environ, ils reprennent plusieurs fois l’hymne syndicale. Les manifestants se tiennent debout, à quelques mètres seulement de l’entrée principale de l’hôpital Laquintinie de Douala au Cameroun. Ces hommes et femmes qui représentent le personnel médical de la formation sanitaire ont abandonné leur poste de travail ce lundi 1er juin 2015, au profit de la revendication de leurs droits. Pour se faire entendre, ils ont couché l’essentiel de leur réclamation sur 30 pancartes étalées à même le sol. On peut y lire les dénonciations et les réclamations suivantes : « distribution discriminatoire des primes et autres quotes-parts», «la carence des hôpitaux en personnel de soins », « mauvais classement professionnel des personnels de santé », «le reversement des personnels contractuels dans le corps des fonctionnaires», entre autres.

Il est bientôt 12h. Les manifestants sont toujours là, en nombre. Ils ont pris position en ces lieux après l’averse qui a arrosé la capitale économique, autour de 8h30. Un car de police traverse devant eux. Ils improvisent aussitôt un refrain à l’intention des éléments des forces du maintien de l’ordre. « Police oooo... vient nous sauver ! ». Ils aperçoivent ensuite quelques uns de leurs collègues qui n’ont pas rejoint le mouvement. Ils les y invitent en chanson : « /Solidarité, camarade solidarité/.Soyons toujours solidaires/ ». Les visiteurs et autres patients marque un temps d’arrêt pour prendre connaissance du message véhiculé par les pancartes. Les policiers et les gendarmes sont aussi venus. Ils ont vu et sont repartis.

Un des leaders de la manifestation fait savoir qu’il s’agit d’une grève pacifique. « Ce sont les pancartes qui racontent notre histoire. Ca sera ainsi tous les lundis et mardis de chaque semaine, jusqu’à ce que le gouvernement trouve des résolutions à nos problèmes », indique Bita Mvondo, secrétaire général de la section syndicale d’entreprise de Cap/Santé à l’hôpital Laquintinie. Il relève qu’un service minimum est néanmoins assuré dans les différents services. Les urgences fonctionnent à 100%. Des dispositions avaient été prises la veille, lors d’une réunion avec le directeur de l’hôpital. Mais cette sérénité apparente perceptible à Laquintinie pourrait vite disparaitre. Une des infirmières rencontré au milieu des grévistes a confié qu’il est prévu dans les prochains jours de bloquer la morgue et les guichets de l’hôpital, si la situation n’évolue pas favorablement. Le mot d’ordre de grève n’a pas été suivi dans les hôpitaux de district de Deïdo et de Bonassama.

Selon Nathalie Likane, vice-présidente régionale du Syndicat national des personnels médico-sanitaires du Cameroun (Synpems), la relance du mot d’ordre de grève est la conséquence du non aboutissement des négociations jusqu’ici tenues entre le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda et les responsables du Syndicat national des personnels médico-sanitaires du Cameroun (Synpems) et ceux du Syndicat national des personnels des établissements/entreprises du secteur de la santé du Cameroun (Cap/Santé). Une autre réunion est prévue à Yaoundé ce mardi 02 juin 2015 à 9h entre le ministre de la Santé publique et les responsables syndicaux.

Mathias Mouendé Ngamo

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