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Exposition. « Où sont passés mes cheveux », de Frédéric Nkassa, s’attaque aux postiches qui rentrent dans le look de la gent féminine.      

 

Douala-13-juin-2012.-Eitel-Frederic-Nkassa-a-l-expositio.JPGLe phénomène est peut-être banal, mais il mérite qu’on y prête de l’attention. Descendez dans la rue et regardez passer dix femmes. Vous constaterez à coup sûr que six ou sept d’entre elles n’ont pas des coiffures naturelles. Elles arborent des perruques, greffes ou mèches importées. Eitel Fréderic Nkassa Ndoumbè, un artiste-photographe, a été frappé par cette réalité. Il en a profité pour mettre sur pied une exposition photo baptisée « Où sont passés mes cheveux». Le travail du jeune artiste a été présenté au public mercredi 13 juin 2012 au quartier Deïdo à Douala. Il s’agit pour le photographe, de susciter une prise de conscience chez ses sœurs africaines. « Les perruques artificielles ne garantissent nécessairement pas la beauté féminine», relève t-il.

Eitel Fréderic n'a peut-être pas tous les astuces pour réaliser une bonne exposition, mais il sait une chose. Il ne veut surtout pas participer de la vulgarisation de cette mode. C’est pourquoi sur la cinquantaine de clichés qu’il a réalisée en avril 2012, il n’en a retenu que sept. Seuls cinq décrivent et décrient le phénomène. La première image représente une tête de femme coiffée à l’africaine, mais avec des mèches importées d’Europe. Deux autres photographies présentent des coiffures de femmes avec des perruques à plusieurs couleurs. Le bleu, le violet, le jaune et le rouge y sont recensées. Les deux tableaux du milieu viennent contrastés avec le reste du décor. Ils affichent des cheveux naturels de femmes. « Où sont passés mes cheveux » s’attaque aussi au phénomène de défrisage de cheveux chez les hommes. Une photo de l’exposition présente une tête masculine avec des cheveux en « locx ». « Ces ‘‘locx’’, à bien y regarder n’ont rien à voir avec le phénomène rasta. Et les produits utilisés pour cette coiffure pourraient à longs termes avoir des répercussions sur la tête », pense l’exposant. Au-delà d’un effet de mode, Eitel Frédéric Nkassa Ndumbè y voit une perte d’identité. « Il faut avoir des parures naturelles qui reflètent notre identité. Un retour à notre propre identité est nécessaire».

Eitel Frédéric Nkassa Ndoumbè est un jeune artiste-photographe âgé de 32 ans. Il a passé ses études primaires à Yaoundé. Il s’inscrit ensuite au lycée d’Akwa à Douala, où il arrête ses études en classe de 3ème. Quelques années plus tard, il s’intéresse à la photographie et côtoie des amis photographes. En 1999, il prend des cours de photographies par correspondance en France et se perfectionne à travers des stages dans des laboratoires de photographies à Douala. « Où sont passés mes cheveux » est la deuxième exposition de Eitel Frédéric Nkassa Ndoumbè. La première, « Bonatéki forever », a été réalisée en novembre 2010.

Mathias Mouendé Ngamo

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