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Presse. Appelés « titrologues », ces usagers jugent le coût des journaux élevé et se limitent à la lecture des titres.

Des-usagers-scrutent-la-Une-des-journaux.--Photo-d-archives.jpgIl est environ 11 heures ce mercredi 2 mai 2012 au lieu-dit Douche municipale au quartier Akwa à Douala. Une foule de curieux massée devant un kiosque Messapresse scrute la « une » des journaux. La couverture des tabloïdes est dominée par la nouvelle de la lettre de l’ex-Minadt, Marafa Hamidou Yaya, au président de la République. Une discussion se crée entre les lecteurs. « La vérité va sortir dans cette histoire de détournement lors de l’achat de l’avion présidentielle», lance un des usagers. Tout le monde s’y met et apporte sa part de commentaire dans l’affaire. Le groupe passe plus de dix minutes sur place. Personne ne se rapproche du gérant pour acheter une des publications. Ce sont des « titrologues », indique Mathurin Donjio, le gérant du kiosque.

Ces « titrologues » écument les kiosques à journaux. Ils scrutent la « Une », mais ne déboursent aucun franc pour s’en procurer. D’après les vendeurs de journaux, ces « titrologues » sont constitués à majorité de conducteurs de mototaxis et de vendeurs ambulants. Ils se bousculent devant les kiosques dès 7 heures, pendant l’affichage des différentes publications. L’affluence est également observée autour de 16-18 heures. Les travailleurs de retour du boulot font aussi partie de cette tranche. Ces lecteurs de la « Une » sont souvent si nombreux qu’ils obstruent la devanture des kiosques. « Ils sont déjà là quand j’affiche les journaux le matin. Ils lisent les titres et discutent à haute voix », constate Gisèle Njaleu, gérante du kiosque Messapresse « la République » à Akwa. Il arrive que les discussions virent en disputes. Les sujets liés à la politique, notamment à l’opération épervier sont les plus portés au cœur des débats. « Ils aiment bien commenter les titres qui tirent sur le gouvernement. L’affaire de l’incarcération d’Inoni Ephraëm et Marafa Hamidou Yaya est d’actualité. Mais leurs discussions ne cadrent pas souvent avec le contenu réel des journaux », explique Moïse Tsague, vendeur de journaux depuis 1988.

Attrait de la clientèle

A Douala, on note une affluence continue de « titrologues » dans certains kiosques, notamment dans les kiosques situés devant la mairie de Douala 2ème, devant l’école publique Deïdo, près de la Douche municipale. Loin d’être un frein à la commercialisation des journaux, des vendeurs indiquent que la présence des « titrologues » attire souvent la clientèle. «Quand certaines personnes trouvent l’affluence devant le kiosque, ils accourent voir ce qui mobilise autant de monde. Un des titres les intéresse et ils se le procure », témoigne Moïse Tsagué. Il relève que le phénomène de « titrologue »existe depuis la diversification des publications, dans les années 90.

Les « titrologues » justifient leur acte par le coût élevé des journaux. « Nous faisons un effort pour savoir ce qui se passe dans notre pays. Si on pouvait solder même les invendus à 200 F. Cfa, nous serions nombreux à nous en procurer », propose Germain Tchokouapi, mototaximan et « titrologue ».

Mathias Mouendé Ngamo

 

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