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 Secteur privé. Le fléau est manifeste lors de la création des sociétés et dans leur fonctionnement au quotidien.  

 

corruption-Cameroun.jpgLes entreprises du secteur privé ne sont pas épargnées par le fléau de la corruption. Cette gangrène économique se manifeste aussi bien au niveau des procédures administratives de création des sociétés, que dans leur fonctionnement au quotidien. Selon les responsables du Ministère des Petites et moyennes entreprises de l’Economie sociale et de l’artisanat, (Minpmeesa), les créateurs d’entreprises se retrouvent dans les circuits de la corruption parce qu’ils veulent accélérer la procédure. Ils sont pour la plupart ignorants de la réglementation en vigueur et ont une méconnaissance des procédures. Toute chose qui, selon les experts, les amènent à débourser des sommes d’argent pour avoir des facilités d’accès ou des avantages de catégorisation auxquels ils n’ont pas droit.

 « Certains notaires perçoivent 115 000 F. Cfa pour passer des annonces légales dans des journaux. Or les nouveaux textes interministériels fixent le prix de l’insertion des annonces légales dans les journaux, à 100 F. Cfa par ligne », rappelle Joseph Tchna, chef de la Division des affaires juridiques au Minpmeesa. Ce responsable souligne d’autres actes assimilables à de la corruption lors de la création des entreprises dans le secteur privé au Cameroun. Il y a, en exemple, ces créateurs d’entreprises qui utilisent des prêts noms, des noms des personnes qui ne sont pas des actionnaires, et n’ont pas manifesté leur consentement, tel que le prévoit la loi. « C’est de la corruption morale et financière. Ca fait perdre de l’argent, du temps que l’on ne peut pas évaluer en terme de F. Cfa », s’indigne Joseph Tchana. Un autre cas de corruption consiste pour une entreprise, à réaliser des marchés dans un secteur d’activité autre que celui déclaré lors de sa création.

Plus d’intermédiaires, plus de corruption

Pour Joseph Tchana, plus il y a des intermédiaires dans la chaine de création des entreprises, plus il y a des perditions. La mise en place du Guichet unique avait justement pour mission, entre autre,  de réduire les contacts entre les usagers désireux de créer des entreprises et les services concernés. « Avec la mise en place des Guichets uniques à Douala et Yaoundé, le Cameroun a gagné six rangs dans le classement Doing Business. Et depuis 2012, grâce au Guichet unique, le coût de création d’une entreprise est passé de 72 000 à 41 500 F. Cfa. Il y avait des frais qui rentraient dans les émoluments des avocats qui ont été supprimés ou réduits», apprend-on.  

Sargent.jpgelon les membres de la Commission nationale anti corruption (Conac), le fléau de la corruption se manifeste au quotidien dans les entreprises à travers l’usage de la surfacturation, le versement des pots-de-vin et des sommes d’argent à travers le dépôt des commissions occultes dans des paradis fiscaux ou dans des comptes privés des établissements financiers à l’abri de tout soupçon. Les membres de la Conac indiquent que la corruption est également décelée à travers les techniques de recrutement, qui prennent souvent en compte la race, la tribu, le monnayage. Des cellules de lutte anti corruption ont été mise en place dans certaines entreprises pour juguler le phénomène de corruption. « Souvent nous avons des plaintes qui nous parviennent de certains usagers qui déclarent avoir été rançonnés. Mais il est difficile pour nous de fournir des preuves de cette corruption. Nous rapportons les faits à la Conac et nous ne savons pas toujours s’ils nous croient, sans preuves », a relevé un membre d’une cellule de lutte contre la corruption dans une entreprise basée à Douala.

100 milliards de dollar

Lionel Benaiche, magistrat, secrétaire général au Service central de prévention de la corruption (Scpc) de France, conseille aux acteurs des entreprises du secteur privé camerounais de refuser certains types de cadeaux, d’éviter des invitations répétitives à déjeuner. « Les invitations ne doivent pas influencer dans les prises de décision », soutient –t-il. Selon les statistiques de la Banque mondiale (Bm), le fléau de la corruption coûte à l’Afrique plus de 100 milliards de dollar chaque année.

 Mathias Mouendé Ngamo

 

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