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Apprentissage. Les journalistes culturels camerounais sont invités à prendre en main le discours sur les œuvres africaines.

 

Ce n’est un secret pour aucun journaliste. La culture est le parent pauvre dans les médias camerounais. La rubrique consacrée à l’actualité culturelle du pays est souvent inexistante ou apparait de manière périodique dans des tabloïdes, radios, chaines de télévision et autres sites internet. Mais comment donc améliorer la communication sur les arts et la culture dans les journaux ? Une vingtaine de journalistes réunis à l’Institut français de Douala du 24 au 26 septembre 2014 ont cherché la formule adéquate pour penser la « plaie ». C’était à l’occasion d’un séminaire de formation sur le thème : « Journalisme culturel et critique d’art », organisé par le réseau panafricain Arterial Network.

D’après les formateurs, il urge avant tout d’améliorer la qualité de la production des articles culturels pour susciter plus de considération des patrons de presse et du lectorat. Toute chose qui passe par une formation rigoureuse et continue. « Les journalistes doivent s’outiller pour offrir autre chose que ce qui se fait actuellement », pense Théodore Kayese, journaliste culturel et critique d’art. Le journaliste culturel est alors appelé à jouir d’une grande culture générale, d’un bagage culturel et d’une connaissance de la démarche de la création, gage d’une critique d’art professionnelle. Il pourra puiser toutes ces connaissances dans des livres, à travers des voyages ou en fréquentant des salons d’exposition, des salles de spectacles, des salles de répétition, et en discutant aussi avec les créateurs, a –t-on appris. « Il faut être très curieux», martèle Alain Tchakounté, un des formateurs.

Le référent africain

Devant un tableau, le critique d’art va s’atteler à analyser, entre autres, les couleurs, les formes, la technique utilisée et rendre le message de la toile plus intelligible au public. En s’appuyant sur plusieurs grilles d’observation, le critique d’art doit pouvoir situer l’œuvre dans son contexte historique, son rapport avec la société actuelle. « Un critique doit prendre position. Mais il doit justifier tous ses arguments. Pas d’affirmation gratuite», soutient Théodore Kayese. Et il faut toujours, dans les écrits, penser au référent africain. Pour Alain Tchakounté, ce doit être une démarche militante. « Il est temps de prendre en main le discours sur nos œuvres, ou alors, on nous imposera un regard sur ceux-ci, et ce, en notre défaveur. Puisez dans nos mythes, contes, légendes, proverbes. Dépoussiérez le patrimoine et rendez-le moins folklorique et moins ringard », conseille –t-il.

Mathias Mouendé Ngamo

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