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Partis politiques. Le premier rapport de l'observatoire des médias a été rendu public à Douala, mardi 30 juillet 2013.

 

kiosque-a-journaux.jpgL’information sur les activités des partis politiques en période hors campagne électorale occupe une infime place dans les médias au Cameroun. Pour la période allant du 28 mai au 27 juin 2013, cette information a occupé seulement 52 pages sur 2668 pages tirées dans neuf publications, soit à peine 2% de l’espace. En radio, elle représente 10min 15 s en 30 jours, soit 21 secondes par jour sur un échantillon de trois radios (Magic Fm, Equinoxe et Rts) observées. En télévision, quatre chaines de télévision (CRTV, Canal2, Stv et Equinoxe) n’ont consacré au total que 14min 40 s d’information sur les activités des partis politiques, soit moins de 30 s d’information par jour et par télévision. Ces statistiques sont tirées du premier rapport de l’Observatoire de la couverture médiatique des élections municipales et législatives. Ledit rapport de 23 pages a été rendu public à Douala, mardi 30 juillet 2013.

Selon les membres de l’observatoire, le travail a consisté à scruter toutes les publications retenues entre le 28 mai et 27 juin 2013, et d’y relever l’espace consacré aux informations relatives à l’activité des partis politiques en notant le caractère neutre, positif ou négatif du ton. En télévision, les observateurs ont indiqué qu’une seule édition d’information par jour a été prise en considération. L’échantillon retenu pour la presse écrite est constitué de cinq quotidiens (Le Jour, Cameroon Tribune, Mutations, Le Messager, La Nouvelle Expression), deux journaux anglophones (The Post et Eden) et deux journaux régionaux (Ouest Littoral et L’œil du Sahel).

D’après les chiffres du rapport, Le Jour a consacré 6,4 pages pendant la période ciblée, dont 30% pour le Rdpc (15% sur un ton neutre et 15% sur un ton négatif), 13% pour le Sdf (8% sur un ton neutre et 5% sur un ton négatif), 8% pour le Mrc, sur un ton positif.  «La presse gouvernementale a tendance à confondre la limite entre l’activité des partis politiques et l’activité gouvernementale », a indiqué Jean-Baptiste Sipa, membre de l’observatoire. Le rapport  présente deux recommandations. L’observatoire pense qu’il importe que les médias accordent plus d’espace au débat politique, en sollicitant plus souvent les avis des acteurs politiques, dans le cadre d’enquêtes spécifiques et dont les sujets sont préparés. Les journalistes sont en outre invités à privilégier un traitement équilibré de l’information pour donner au public toute la palette des opinions, afin de mieux éclairer leur choix politiques.

L’observatoire a été créé en novembre 2012 sous l’égide de l’association Journalistes africains pour le développement (Jade Cameroun), et Gret, une Ong française. Il est composé de dix membres, et présidé par le journaliste Jean-Vincent Tchienehom. L’observatoire s’inscrit dans le cadre du volet société civile du Programme d’appui au processus électoral au Cameroun (Pape), financé par l’Union européenne (Ue). Une deuxième période d’observation a déjà été entamée le 15 juillet dernier, elle va s’étendre jusqu’au 30 août 2013. Un troisième rapport sera commis à la suite d’une autre période d’observation, avant les élections municipales et législatives du 30 septembre 2013.

Mathias Mouendé Ngamo

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