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Musique. L’artiste a égrené des titres de son deuxième album, «Yaddis Reggae», devant le public du Ccf de Douala jeudi dernier.

 

Centre culturel français de Douala, 10 mars 2011. Il est 20h 35 minutes. Le concert d’Otu Bala Jah démarre. Ce n’est pas le public des grands jours. Peu importe. Les « happy few » sont des amateurs convaincus. Au lever de rideau, le décor du podium augure déjà d’un voyage en Jamaïque, au cœur de la tradition rastafari. Sur une bannière au fond de la scène, le lion de Judée trône.

L’avant de la scène est orné des couleurs vert, jaune et rouge du drapeau jamaïcain. Le reggae est à l’honneur. Un peu mou en début de prestation, Otu Bala Jah va progressivement entrer dans son élément. Il bouge, « jump », se déplace d’un point à l’autre de la scène. Il a à peine dansé 15 minutes qu’il dégouline déjà de sueur. « Je suis venu pour la première fois présenter mon deuxième album, ''Yaddis Reggae'', au public de Douala », lance-t-il à l'assistance

L’artiste reprend des titres de son premier album, « Ceinture serrée », et fredonne des chansons du dernier. A travers « 3 mille milliards », « Le responsable », « Au nom du chef », «Ceinture serrée », «Angola Gate», le reggaeman décrie la corruption, le culte de la personnalité, les détournements de fonds publics, la guerre. Dans le premier morceau sus cité, Otu Bala Jah revient sur la crise bancaire qui a secoué les institutions financières mondiales en 2008. «3 mille milliards ont été injectés pour faire face à la faillite des banques / Mais personne ne s’occupe des gens qui meurent de faim dans le monde tous les jours», regrette le jeune et lointain disciple de Bob Marley qui, à chaque fois, lance son cri de guerre « ieeuuhahahaaa !» pour réveiller les consciences.

Get up, stand up
D'une voix aigre et parfois nasillarde, Otu chante en français, en anglais et en ewondo (Biwä). Le reaggae chanté en ewondo touche d’ailleurs bien des mélomanes, qui en redemandent. Hommage à la légende du reggae oblige, Otu Bala Jah interprète le « Get up, stand up » de Bob Marley. Chansonnier, un peu slammeur, mais toujours avec la gâchette facile devant les déviances sociales, Otu Bala Jah tient le public du Ccf en haleine pendant 1h30. Des musiciens l’accompagnent dans son mouvement. On retrouve notamment Danielle Eog et Giselle aux chœurs, Yves Makwanza à la guitarre solo, Cyrile Akono à la basse. Vers la fin du spectacle, Mawata du groupe « Tizeu No Name Crew » et le reggaeman Etoile donnent de leur voix pour porter plus haut le « ieeuuhahahaaa ! » d’Otu Bala Jah. Que l’appel à l’éveil ne tombe pas dans des oreilles sourdes. Et surtout, que le reggae ne meure, quelques semaines avant le 30è anniversaire de la mort du «King », le 11 mai 2011.

Mathias Mouendé Ngamo

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