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Douala. Les employés ont redoublé de vigilance dans le traitement des dossiers depuis les interpellations des Tpg de Yaoundé et Ebolowa.

 

Douala--5-septembre-2013.-L-entree-de-Tresorerie-genera.jpgLe bureau qui abrite le service de la Dépense à la Trésorerie générale de Douala ne désempli pas ce jeudi 5 septembre 2013. Il est 11h30 minutes. Les employés sont à l’œuvre. Dans un autre bureau situé tout près, une dame est occupée à entrer des données dans l’ordinateur. Elle accueille les visiteurs avec courtoise. Mais elle se retient aussitôt lorsque le reporter veut connaitre l’ambiance qui règne dans le milieu depuis les interpellations du Trésorier payeur général (Tpg) d’Ebolowa et du Tpg de Yaoundé. « Je ne veux pas perdre mon poste. Pardon allez voir le Trésorier payeur général. Son bureau est à l’étage», indique t-elle. Elle ne dit plus un mot et se remet au boulot.

Dans le bureau du fondé de pouvoir n°2, on se réserve aussi de tout commentaire. « Il faut aller voir le Tpg. Et je doute qu’il vous dise quelque chose sans l’aval du directeur général, qui lui-même ne pourra se prononcer sans l’aval du ministre des Finances », explique Jean Guy Etoa, le fondé de pouvoir n°2. Au secrétariat du Tpg, deux personnes attendent d’être reçues. Il est impossible de rencontrer Jean Pierre Mbock, le patron des lieux. Le Tpg ne reçoit qu’à partir de 15 heures, apprend-on. Quelques employés rencontrés dans les services de la Trésorerie général de Douala confient sous anonymat que le climat n’est plus très serein depuis les interpellations dans les Trésoreries de Yaoundé et Ebolowa. Ils relèvent qu’ils effectuent désormais les différentes opérations avec beaucoup plus d’assiduité et de prudence que par le passé.

La peur dans le ventre

« Il y a des interpellations dans les Trésoreries. Et on prend des collègues par vague. C’est terrible. Nous sommes comme une famille. Ca nous frustre. On travaille avec la peur dans le ventre », affirme un chef de service à la Trésorerie générale de Douala. Le responsable relève la délicatesse du travail à faire, qui consiste à payer lorsque les pièces comptables sont conformes. «Il y a des contrôles inopinés. Une écriture peut vous envoyer en prison. Il y a des détecteurs pour la monnaie, mais pas pour les pièces comptables », souligne le responsable de service qui dit attendre la retraite avec impatience. Les jeunes recrus sont eux-aussi mis en garde par les plus anciens. Ils sont appelés à travailler avec prudence et précaution. « Quand nous sommes arrivés en 2012, le Tpg nous a dit qu’ici on vient travailler et non chercher de l’argent. Il nous a dit qu’il ne veut pas entendre que quelqu’un est impliqué dans une histoire d’argent. Auquel cas, le concerné aura des comptes à rendre », affirme une jeune recrue. Et un autre responsable de service de prévenir : « quand on est au Trésor, on est à la porte de la prison ».

L’ex-Tpg de Douala, Jean Louis Edou Olo’o, est écroué à la prison centrale de Douala. Il a été interpellé en 2008, à la suite de la fuite du caissier principal, Aladji Toukour Ibrahim. Il avait été également constaté un trou dans les caisses de la Trésorerie. Trois autres collaborateurs du Tpg avaient aussi été interpellés, dont le chef service de la Dépense, le chef comptabilité, et le fondé de pouvoir n°1. Jean Louis Edou Elo’o a d’abord été remplacé à son poste par Jean Ndzana. Jean Pierre Mbock est l’actuel Tpg de Douala.

Mathias Mouendé Ngamo

 

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