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Douala. Clément Ndalet, 51 ans, a conservé dans la chambre les restes de sa femme, Clarisse Wandji, décédée depuis le mois de mars à Bonabéri.

 

Corps-Maison-Bonaberi.jpgLes gendarmes de la Compagnie de Bonabéri ont fait une étrange découverte dans un domicile situé au lieu-dit Carrefour Blak Joe, à près de 500 mètres de l’Entrée Moore Paragon, dans l’arrondissement de Douala 4ème. Dans l’après midi de jeudi 26 septembre 2013, les forces de l’ordre sont tombés sur les restes de Clarisse Wandji, âgée de 41 ans. Le squelette de la défunte était allongé sur le lit dans une chambre de la maison, et recouvert par un drap sale. Quelques cheveux tressés sous la forme de passe-mèche restaient encore fixés sur la tête amaigrie de la victime. Les sapeurs-pompiers ont emporté la dépouille. Les gendarmes, quant à eux, ont dû batailler dur pour maintenir un cordon de sécurité. Les habitants du quartier en furie, n’en demandaient qu’en finir avec Clément Ndalet, 51 ans, père de famille et époux de Clarisse Wandji. « C’est un criminel, un démon. Il faut en finir avec lui », a lancé un voisin, furieux.

Les pandores ont réussi à ramener Clément Ndalet en cellule à la Compagnie de gendarmerie, où il y séjournait déjà depuis lundi pour exploitation, a-t-on appris. Son interpellation a fait suite à une plainte déposée contre lui une semaine plus tôt par une sœur de Clarisse Wandji, inquiète de n’avoir pas aperçu la défunte depuis deux mois. A la gendarmerie, Clément Ndalet a répondu que sa femme est allée en voyage depuis six mois. Il n’a donné aucune précision sur la destination. Une source à la gendarmerie a relevé que le mari a d’abord été déféré au parquet mercredi dernier, puis renvoyé à la gendarmerie pour « compléments d’enquête ». C’est alors que les hommes en tenue ont pris l’initiative d’aller fouiller le domicile de Clément Ndalet et y ont découvert les restes de la disparue.

Eglise réveillée

Corps-Mari.jpgInterrogé sur son attitude et sa décision de conserver le corps de sa femme à la maison, « il n’a rien dit de bon », a indiqué un gendarme. Mais devant quelques caméras jeudi dernier, Clément Ndalet a déclaré : « je n’ai pas gardé le corps volontairement. C’est le seigneur qui m’a conduit avant et après son décès. Nous avons continué à vivre ici. C’était extrêmement difficile au début avec les mouches, mais le seigneur était avec nous. Il m’a dit que c’est une épreuve. Il m’a donné la force de tenir». Pour le mari, son épouse est allée se reposer auprès du tout puissant et reviendra. Le père de famille et ses cinq enfants (3 filles et 2 garçons. Le plus petit est âgé de 5 ans et les deux aînés sont âgés entre 18 et 21 ans, ndlr) priaient tous les jours en espérant la résurrection de Clarisse Wandji. 

Au quartier, on connaissait Clarisse Wandji malade depuis plus de six mois. On ne l’avait plus aperçu depuis cette période là et aucune odeur n’a alerté le voisinage. Les habitants ont indiqué que les enfants n’ont pas repris le chemin de l’école cette année. « L’une des filles nous disait que sa maman a voyagé. Que là où elle se trouve le réseau téléphonique connait des perturbations», a rapporté une voisine. Clément Ndalet est décrit comme quelqu’un de très discret, un fidèle d’une église réveillée, fondateur lui-même il y a quelques années d’une église de « réveil » dans le quartier. La maison de prière a été fermée il y a quelques mois, a-t-on appris. « Les enfants sont tout le temps enfermés dans la barrière. La maison n’a pas de lumière. Aucune visite n’est permise, même pour des membres de la famille», ont déploré des voisins.    

Mathias Mouendé Ngamo

 

 

 

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