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Les journalistes ont été interpellés en pleine rédaction hier, à la veille du débrayage pour revendiquer le paiement de 13 mois d’arriérés de salaire. 

Des journalistes du premier quotidien national camerounais à capitaux privés Le Messager ont été interpellés dimanche 23 avril 2017. Selon les témoignages, près de dix policiers armés de fusils ont fait irruption dans la salle de rédaction vers 16h et ont embarqué Joseph Olinga, le délégué du personnel et Rodrigue Kaleumeni, l'infographe du journal. Les autres journalistes ont rejoint les siens à bord des deux véhicules de la police, en solidarité. Jusqu’à 20h dimanche, les auditions se poursuivaient encore au commissariat de sécurité publique du 1er arrondissement de Douala. Les journalistes du quotidien Le Messager ont ainsi été embarqués alors qu’ils discutaient paisiblement au bureau, loin des ordinateurs, en vue de se préparer pour la « grève illimitée » prévue dès ce lundi 24 avril 2017.  

D’après le préavis de grève adressé à Rodrigue Tanendjio, le gérant de l’entreprise, le 12 avril 2017, le personnel du quotidien Le Messager revendique le paiement complet de 13 mois d’arriérés de salaire ; la signature du contrat de travail pour ceux des employés qui n’en ont pas conformément à la législation ; l’immatriculation de l’ensemble du personnel à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) avant reversements effectifs des cotisations dues. Le personnel mécontent exige en outre la tenue d’une Assemblée générale aux fins de définir les objectifs à atteindre et fixer les prérogatives exactes des différentes composantes de l’entreprise.   

«Il n’est pas normal que les gens continuent de travailler sans salaire. Notre grève n’a pas été instituée pour tuer Le Messager, mais pour que Le Messager soit réorganisé, qu’il y ait une visibilité », a soutenu Joseph Olinga, un délégué du personnel. Qui fait savoir que les revendications concernant les arriérés de salaire ne couvrent que les années 2016 et 2017. Si l’on prend en considération les années 2010 à 2015, le compteur affichera un peu plus de 30 mois d’arriérés impayés, apprend-on. Pour tenter de désamorcer cette situation de crise, une première négociation s’est tenue mercredi 19 avril entre le personnel, Rodrigue Tanendjio, une fille de Pius Njawé, le fondateur du journal, et des membres du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc). Aucun compromis n’a été trouvé. A l’issue de la deuxième réunion tenue jeudi dernier, Rodrigue Tanendjio a demandé aux employés de se rapprocher du Directeur de publication (Dp), Fréderic Boungou, alors injoignable.

Qui gère Le Messager ?

«On ne sait pas qui gère Le Messager entre les enfants Njawé divisés en deux camps, le gérant et le Directeur de publication. Il y a quatre interlocuteurs qui se revendiquent gérant du Messager, mais n’assument pas quand il y a des revendications », déplore Joseph Olinga. Une situation qui dure depuis le décès de Pius Njawé, le fondateur du journal, le 12 juillet 2010. Lors des négociations, Denis Nkwebo, le président du Snjc, a demandé aux employés de proroger la date du préavis de grève, pour donner plus de chance au dialogue social. Mais les employés ont posé comme condition préalable, un geste financier immédiat de la part des dirigeants. Ils ne l’ont pas obtenu. « Le Snjc est obligé d’être solidaire de ses membres qui ont choisi la voix extrême pour se faire entendre. Mais dès lundi, nous allons repartir en négociation avec les différentes parties pour que la situation revienne à la normale », a indiqué Denis Nkwebo. En attendant une sortie de crise, le reporter a appris que certains employés du quotidien Le Messager sont sous la menace d’expulsion pour loyers impayés ou sous le coup de poursuites pour insolvabilité de dettes.   

Mathias Mouendé Ngamo

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